Gorges de Titou
"On ne marche pas jusqu'aux Gorges de Titou. On nage, et la roche se referme au-dessus de la tête."
Une gorge volcanique étroite dans laquelle on nage plutôt qu'on ne marche, des parois de roche noire et froide se resserrant de chaque côté jusqu'à s'ouvrir sur une cascade cachée.
Les Gorges de Titou sont courtes, et elles constituent aussi l’un des vingt minutes les plus étranges que j’aie passées dans l’eau où que ce soit. Le point d’entrée est à une courte marche de la route près de Laudat, assez proche du départ du sentier du Lac Bouillant pour que de nombreux randonneurs en fassent une baignade de récupération après, ce que j’ai fait exactement. On descend dans une eau froide et sombre à l’entrée de la gorge puis on nage — il n’y a pas de chemin, pas de rebord sur lequel marcher, seulement nager — dans un chenal de trois ou quatre mètres de large avec des parois de roche volcanique noire s’élevant à dix mètres ou plus de chaque côté.
L’eau est assez froide pour couper le souffle la première fois qu’elle se referme sur les épaules, et la lumière chute vite à mesure que les parois se resserrent, filtrant en une seule colonne depuis la trouée de ciel loin au-dessus. Sur certains tronçons, on peut toucher les deux parois à la fois, bras tendus. Il y a par endroits un léger courant venant d’une source souterraine, et l’ensemble procure un pincement d’adrénaline authentique, quoique modeste — rien de dangereux avec un guide ou une prudence élémentaire, mais le corps l’enregistre comme autre chose qu’une simple nage. Cela m’a vaguement rappelé des photos de canyons étroits vues de l’Utah, traduites en version humide, tropicale et volcanique.

À l’extrémité, la gorge s’ouvre sur une petite chambre avec une modeste cascade se jetant dans un bassin, et c’est ici que la plupart des gens font demi-tour — bien qu’une corde permette aux nageurs les plus aventureux de grimper au-delà de la chute vers une deuxième section, encore plus enclose. Je n’ai pas tenté l’ascension à la corde lors de ma visite. Mes bras avaient déjà fait beaucoup ce jour-là, et il n’y a aucune honte à flotter tranquillement au pied d’une cascade dans une fente volcanique plutôt que de vouloir faire l’impressionnant.

Quand y aller : À combiner idéalement avec une randonnée matinale au Lac Bouillant en guise de récupération, ou à visiter seul en milieu de matinée avant l’arrivée des groupes touristiques. À éviter après de fortes pluies, quand le courant se renforce et que l’eau peut monter de façon imprévisible — renseignez-vous localement sur les conditions avant d’entrer.
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