Solčava
"Solčava, c'est l'endroit où la route n'a plus de raison de rester une route normale."
Un minuscule village au fond de la haute vallée de la Savinja, la dernière commune avant que les montagnes ne prennent complètement le dessus, et le point de départ de l'une des routes panoramiques les plus spectaculaires des Alpes.
Nous sommes arrivés à Solčava au terme d’une journée passée à faire des allers-retours entre Logarska Dolina et Robanov Kot, fatigués et légèrement brûlés par le soleil, et je me souviens avoir été surpris qu’un village aussi minuscule — quelques centaines d’habitants, une église, un magasin — donne l’impression d’une vraie destination plutôt que d’un simple lieu de passage vers quelque chose de mieux plus loin.
Le dernier village avant les montagnes
Solčava se trouve au confluent de trois vallées glaciaires — Logarska Dolina, Robanov Kot et Matkov Kot —, ce qui en fait le centre naturel de toute la haute vallée de la Savinja, même s’il est à peine assez grand pour avoir un centre de quoi que ce soit. L’église paroissiale Sainte-Radegonde se dresse sur une petite butte au-dessus du centre du village, discrète de l’extérieur, avec un plafond peint à l’intérieur qui m’a pris de court vu la modestie du bâtiment qui l’abrite. Nous nous sommes assis dans l’église vide pendant dix minutes sans rien faire de particulier, ce qui m’a semblé être le bon usage de cet endroit.
La route panoramique de Solčava
La vraie raison pour laquelle la plupart des gens trouvent leur chemin jusqu’à Solčava, c’est la Solčavska panoramska cesta, une route à péage étroite qui grimpe hors du village en une longue série de virages en épingle vers le col de Pavličevo Sedlo, près de la frontière autrichienne. Ce n’est pas un long trajet — quarante minutes maximum dans chaque sens si l’on ne s’arrête pas — mais nous nous sommes arrêtés sans cesse. Chaque épingle ouvre un nouvel angle sur le fond de la vallée et le mur déchiqueté des Alpes de la Savinja en face. Il y a deux ou trois points de vue aménagés avec parking, et au plus haut nous sommes descendus de voiture pour rester plantés là un moment, la vallée déployée comme une carte en relief, la cascade de Rinka à Logarska Dolina visible comme un mince trait blanc, à condition de savoir exactement où regarder.

La vie au bord de la carte
Ce qui m’a le plus marqué à Solčava, ce n’était pas le paysage, évidemment extraordinaire, mais le sentiment d’un lieu qui a organisé toute son existence autour des montagnes qui l’entourent. Le petit office de tourisme fait office de salon collectif officieux de la région, la femme qui y travaille nous détaillant les options de randonnée avec une précision qui laissait penser qu’elle les avait toutes parcourues elle-même, sans doute plus d’une fois. Une poignée de chambres d’hôtes et de fermes-auberges constituent l’essentiel de l’hébergement, tenues en famille, le genre d’endroit où le dîner est simplement ce que la famille a cuisiné pour elle-même ce jour-là, proposé aux hôtes presque en passant, et qui se révèle être le meilleur repas du voyage.

Quand y aller : De juin à septembre pour la route panoramique, qui peut fermer par mauvais temps et n’est pas entretenue pour la conduite hivernale. Installez-vous ici deux ou trois nuits si vous voulez explorer correctement Logarska Dolina, Robanov Kot et Matkov Kot sans les longs trajets quotidiens depuis Ljubljana ou Kamnik.