Les ruines du château de Socerb perchées sur une falaise calcaire, avec le golfe de Trieste et la côte visibles loin en contrebas
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Château de Socerb

"Trois pays, un seul horizon, et une grotte que les Romains croyaient mener en enfer."

Une ruine perchée au bord du plateau du Karst, avec une vue sur le golfe de Trieste qui s'étend sur trois pays, et une grotte en contrebas jadis prise pour l'entrée des enfers.

Le château de Socerb se dresse au bord du plateau du Karst, exactement là où le calcaire plonge dans le golfe de Trieste, et la vue depuis ses murs en ruine est de celles qui vous font comprendre, immédiatement et sans avoir besoin de carte, pourquoi quelqu’un a construit une forteresse ici il y a mille ans. L’Italie est visible à l’ouest. L’Adriatique s’incurve vers le sud en direction de la Croatie. Trieste elle-même se trouve juste en contrebas, assez proche pour qu’un soir de ciel dégagé on voie ses lampadaires s’allumer avant même d’entendre le moindre bruit depuis cette hauteur.

Une ruine, et volontairement

Contrairement à Predjama ou Bled, Socerb n’a jamais été restauré en attraction touristique bien polie, et c’est en grande partie ce qui fait son charme. Les murs sont partiels, l’intérieur ouvert au ciel presque partout, des herbes folles poussant entre des pierres qui s’effondrent depuis des siècles, depuis qu’un incendie provoqué par la foudre a ravagé le château au XVIIe siècle. On traverse ce qu’il en reste presque sans barrières ni panneaux explicatifs, ce qui donne moins l’impression de visiter un musée que de tomber personnellement dessus par hasard, même si beaucoup de gens en connaissent l’existence.

Murs de pierre en ruine du château de Socerb avec une ouverture cadrant une vue sur le golfe de Trieste loin en contrebas

La grotte en contrebas

Sous la falaise du château se trouve Mahorčičeva jama, une grotte que les Romains associaient à l’entrée des enfers — une hypothèse raisonnable pour une ouverture sombre dans la roche d’où une rivière jaillit parfois avec une force inexpliquée, faisant partie de cette même hydrologie karstique de disparitions et de résurgences qui parcourt toute la région. La grotte n’est pas aménagée pour le tourisme comme le sont Postojna ou Škocjan ; l’accès est limité et réservé surtout aux groupes de spéléologie, mais l’entrée elle-même est visible depuis un chemin plus bas, une gueule sombre dans la paroi qui rend l’association romaine moins superstitieuse qu’elle n’en a l’air, plutôt un raisonnement par analogie assez logique.

Coucher de soleil depuis les remparts

Nous sommes arrivés tard dans la journée, exprès, et c’est la seule bonne façon de faire. La pierre garde la chaleur du jour, il n’y a généralement plus personne une fois les excursionnistes de Trieste repartis, et la lumière sur le golfe teinte tout — la pierre du château, l’eau au loin, la végétation rase du Karst — du même or chaud pendant une vingtaine de minutes avant de s’éteindre.

Quand y aller : En fin d’après-midi jusqu’au coucher du soleil, à toute saison si le temps est clair ; le printemps et l’automne offrent le meilleur compromis entre visibilité et températures agréables pour cette marche exposée sur le sommet de la falaise.