Steam rising from the thermal lake of Hévíz with water lilies and a wooden bathing pavilion
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Hévíz

"Le lac qui se chauffe lui-même."

Berceau du plus grand lac thermal biologiquement actif du monde, où l'on flotte parmi les nénuphars dans une eau naturellement chaude toute l'année.

Hévíz n’existe que grâce à une improbabilité géologique : une source thermale assez puissante pour remplir un lac entier d’une eau chaude et riche en minéraux. Je suis arrivé sceptique — le tourisme thermal peut virer au clinique, au sanitisé, au wellness agressivement marketé — et je suis reparti converti. Le lac se maintient entre 24 et 36 degrés Celsius toute l’année, sa surface couverte de nénuphars indiens et de volutes de vapeur par les matins frais. Nager ici — ou plutôt flotter, tant la concentration en minéraux vous rend extraordinairement léger — est une expérience de bain comme je n’en avais jamais vécu, moi qui ai trempé dans des cénotes au Yucatán, dans des onsens au Japon, dans des hammams au Maroc.

L’eau sent légèrement le soufre et glisse sur la peau comme de la soie. Le pavillon en bois couvert, au centre du lac, accueille des baigneurs depuis le XIXe siècle. Je me suis mis sur le dos, les yeux levés vers la vapeur qui se tordait dans le ciel de novembre, et j’ai réalisé que j’étais dans l’eau depuis plus d’une heure sans m’en être aperçu. Le temps se comporte différemment à Hévíz — il se ramollit, s’étire, devient hors de propos.

Steam rising from the thermal waters of Hévíz lake with water lilies floating on the surface

Au-delà du lac

La ville autour du lac s’est transformée en station thermale à part entière, avec des hôtels thermaux, des soins à la boue et des programmes de bien-être qui attirent des visiteurs de toute l’Europe — notamment d’Allemagne et d’Autriche, qui semblent avoir découvert les vertus thérapeutiques de Hévíz bien avant tout le monde. Mais le lac lui-même reste l’attraction principale.

Keszthely, avec son grand palais Festetics et les rives du Balaton, n’est qu’à huit kilomètres et constitue un contrepoint naturel. J’ai visité le palais — une bâtisse baroque qui m’a rappelé un Versailles hongrois, plus modeste mais pas moins ambitieux — avant de revenir flotter à Hévíz au coucher du soleil. Cette combinaison de grandeur culturelle et d’abandon physique m’a semblé très hongroise : un pays qui bâtit des palais, puis se plonge dans l’eau chaude jusqu’à ce que l’ambition se dissolve.

The ornate Festetics Palace in nearby Keszthely surrounded by manicured gardens

Quand y aller : Toute l’année — la température du lac ne varie presque pas. Se baigner en hiver, avec la vapeur qui monte dans l’air froid, est particulièrement magique.