Le vaste lagon fermé de l'atoll de Penrhyn vu depuis les airs, entouré d'étroits motus
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Penrhyn (Tongareva)

"Le lagon est si vaste qu'on peut perdre complètement de vue le rivage opposé et se croire un instant en pleine mer."

L'atoll le plus septentrional et le plus grand des Îles Cook, avec l'un des plus vastes lagons du Pacifique et une piste d'atterrissage de la Seconde Guerre mondiale qui traverse encore le récif.

Penrhyn — Tongareva pour ceux qui y vivent — est à peu près aussi loin de tout que peuvent l’être les Îles Cook, à 1 365 kilomètres au nord de Rarotonga, et plus proche, culturellement comme géographiquement, des îles de la Ligne que du circuit touristique polynésien. Le lagon est la raison qui justifie l’effort : avec environ 233 kilomètres carrés, c’est l’un des plus grands au monde par rapport à son anneau de terre, si vaste que depuis son centre, en petit bateau, les motus bordés de palmiers à l’horizon se réduisent à un mince fil vert et qu’on perd réellement ses repères un instant.

L’histoire plus récente de l’île cohabite étrangement avec son isolement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée américaine y a construit une piste d’atterrissage dans le cadre de la chaîne logistique du Pacifique Sud, taillant une longue bande à travers le corail qui reste, des décennies plus tard, la seule piste utilisable — ce qui signifie que les vols modernes atterrissent sur une infrastructure de guerre qui n’a tout simplement jamais eu besoin d’être remplacée. En marchant le long de la piste avec un ancien du village qui se souvenait de son père parlant des militaires américains stationnés là, j’ai vécu l’un de ces moments étranges que le voyage offre parfois, où un lieu semble à la fois ancien et étonnamment récent.

L'étroite piste d'atterrissage de la Seconde Guerre mondiale de Penrhyn traversant corail et cocotiers

L’élevage de perles existe ici aussi, à une échelle plus modeste et plus artisanale qu’à Manihiki, et les deux villages d’Omoka et Te Tautua se font face de part et d’autre du chenal d’entrée du lagon, assez proches pour voir leurs lumières respectives la nuit, mais assez éloignés pour que la traversée en bateau entre eux, par mer agitée, ne soit pas quelque chose à entreprendre à la légère. Je l’ai traversée une fois au crépuscule avec une famille qui rentrait de l’église, l’eau claquant fort contre la coque, et je suis arrivé trempé et riant avec des gens que je connaissais depuis environ six heures.

Un petit bateau en aluminium traversant le chenal agité entre les deux villages de Penrhyn au crépuscule

Quand y aller : L’accès se fait uniquement par vol peu fréquent ou par bateau de ravitaillement, à prévoir de préférence pendant les mois les plus secs, entre avril et novembre. C’est un véritable voyage d’expédition — organisez l’hébergement chez une famille locale bien à l’avance, puisqu’il n’existe aucun logement commercial.