Peles Castle rising through the Carpathian forest in Sinaia, Romania — its turrets and gabled rooflines half-swallowed by dark pine trees against a pale mountain sky.
← Romania

Sinaia

"Le château Peles semble avoir poussé de la forêt de montagne, pierre après pierre, comme dans un conte."

Une station de montagne royale dans la vallée du Prahova, où trône l'extraordinaire château Peles — peut-être la résidence royale la plus féerique d'Europe.

J’avais vu des photos du château Peles, bien sûr — tout le monde en a vu. Mais les photos l’aplatissent, lui volent l’odeur froide de résine des pins qui se resserrent de toutes parts, et cette façon qu’ont les galeries en bois sculpté d’apparaître étage après étage à mesure qu’on grimpe le flanc depuis le village, comme si le bâtiment s’assemblait en temps réel. Quand j’ai enfin tourné le dernier virage de l’Aleea Peles et que la façade entière s’est ouverte devant moi, je me suis arrêté. Lia a continué trois pas avant de remarquer que je n’étais plus à ses côtés.

Un Château qui Mérite sa Carte Postale

Ce qui rend Peles véritablement extraordinaire, ce n’est pas son échelle — même si les 160 pièces et l’extravagance Renaissance allemande de l’extérieur font leur effet — mais sa densité. Chaque toiture porte un ornement sculpté supplémentaire. Chaque tourelle semble répondre à un siècle architectural différent. Le roi Carol Ier l’a fait construire comme résidence d’été à partir de 1873, et le résultat ressemble moins à une vision royale unique qu’à une conversation entre une demi-douzaine de traditions européennes, rendue cohérente par le seul poids des montagnes alentour. À l’intérieur, le salon mauresque se trouve à un couloir d’un salon turc et d’une bibliothèque florentine. La visite avance lentement parce qu’il y a trop à absorber d’un seul regard.

En contrebas du château, le petit Pelisor — construit pour le prince héritier Ferdinand — est plus silencieux et, à sa façon, plus émouvant. La chambre dorée et art nouveau de la reine Marie, encore ornée d’icônes byzantines, a l’atmosphere d’une pièce qu’on vient de quitter, pas d’une pièce conservée sous verre.

Le Village en Contrebas

Sinaia est un vrai village de montagne, pas un musée. Le long du Bulevardul Carol I, l’artère principale qui traverse la vallée, on trouve des pâtisseries qui vendent du cozonac — l’épais pain de fête roumain, très sucré — à côté de cafés où l’espresso est plus fort que tout ce à quoi je m’attendais aussi loin dans les Carpates. Le bâtiment du Casino de 1912 ancre toujours la promenade basse, sa pierre Belle Époque fanée rougeoyant d’un ambre particulier en fin d’après-midi, quand la lumière s’abaisse entre les crêtes.

Je n’avais pas prévu la randonnée. Un téléphérique monte depuis juste au-dessus du village jusqu’à la Cota 1400, puis un second jusqu’à la Cota 2000, où la limite des arbres disparaît et le plateau de Bucegi s’ouvre sur quelque chose de vaste, balayé par le vent, et entièrement différent de la confection royale d’en bas. La surprise, c’était le contraste — architecture de conte de fées pendant une heure, toundra alpine exposée l’heure suivante.

Choisir le Bon Moment

Quand y aller : De fin mai à juin et de septembre à début octobre, on bénéficie de la lumière de montagne la plus claire et d’une affluence raisonnable au château. Juillet et août voient arriver le tourisme estival roumain en force ; les files d’attente s’allongent et le village se remplit d’un bruit que l’acoustique de la vallée amplifie considérablement.