Lever du soleil sur un large arc de sommets himalayens dont le Dhaulagiri et l'Annapurna Sud, vus depuis la plateforme d'observation en gradins de Poon Hill
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Poon Hill

"J'ai regardé beaucoup de levers de soleil pour un blog de voyage. Celui-ci a fait pleurer sans gêne une inconnue à côté de moi."

Un belvédère à 3 210 mètres au-dessus de Ghorepani, où une courte montée avant l'aube, sans rien de glamour, livre l'un des plus larges panoramas montagneux du Népal sans une seule nuit en haute altitude.

Poon Hill a un problème de réputation : c’est tellement célèbre qu’on suppose forcément que c’est surcoté, un point de vue réduit à un check-point Instagram bondé de lampes frontales à 4h30 du matin. J’y suis monté quand même, surtout par obligation, et ça s’est révélé être une des choses les moins surcotées que j’aie faites au Népal. La marche de 45 minutes depuis Ghorepani dans le noir, ce sont des marches en pierre bien raides et rien d’autre — aucune difficulté technique, aucune inquiétude liée à l’altitude à 3 210 mètres — et puis on arrive sur une plateforme qui fait face à un arc ininterrompu d’Himalaya : Dhaulagiri, Annapurna Sud, Annapurna I, Nilgiri, le pic en nageoire de poisson du Machapuchare captant la première lumière avant tout le reste.

La montée depuis Ghorepani

Ghorepani lui-même, le village en contrebas, mérite un après-midi tranquille avant la poussée d’avant l’aube — un ensemble de guesthouses à 2 850 mètres avec ses propres vues et une véritable culture de la pâtisserie développée pour nourrir les randonneurs coincés par le mauvais temps. La montée vers Poon Hill commence dans l’obscurité, des lampes frontales qui montent en file sur un escalier de pierre, une ligne qui paraît presque cérémonielle vue de loin. C’est bondé, surtout en octobre. J’ai arrêté de m’en soucier au bout d’une dizaine de minutes, quand le ciel a commencé à faire quelque chose qu’aucune foule n’aurait pu gâcher.

File de lampes frontales de randonneurs montant les marches de pierre vers Poon Hill avant l'aube

Ce que la vue offre vraiment

Le panorama depuis le sommet couvre plus de sommets nommés de 7 000 et 8 000 mètres que n’importe où où je me sois tenu au Népal sans une approche de plusieurs jours — un véritable mur de montagnes sur 300 degrés qu’il faut un réel effort physique pour photographier en un seul cadre. Le Dhaulagiri, septième plus haute montagne du monde, se trouve assez proche d’un côté pour qu’on puisse voir l’ombre des nuages se déplacer sur sa face en temps réel. J’ai rencontré un couple arrivé en avion de Katmandou, ayant fait exactement cette randonnée, et qui repartait en avion le lendemain. Ça m’a paru une façon parfaitement raisonnable de passer un voyage.

Vue panoramique depuis la plateforme sommitale de Poon Hill montrant le Dhaulagiri et la chaîne de l'Annapurna sous un ciel matinal qui se dégage

Quand y aller : d’octobre à novembre, on a les ciels matinaux les plus clairs et les foules les plus grosses — réservez une chambre à Ghorepani à l’avance si vous partez dans cette fenêtre. Mars apporte les rhododendrons en fleurs à la descente et de légèrement meilleures chances d’avoir un sommet plus calme.