Ahvaz
"Personne ne recommande Ahvaz pour elle-même. J'y ai quand même passé une meilleure soirée que dans certains endroits qui figurent sur toutes les listes."
Une ville pétrolière chaude et sans prétention sur le fleuve Karoun, que la plupart des voyageurs sautent complètement, et la meilleure base pour explorer les sites antiques du Khouzestan.
Ahvaz ne cherche pas à séduire. C’est une ville pétrolière chaude, tentaculaire et sans éclat du sud-ouest, et la plupart des guides ne la mentionnent que comme un point de passage logistique pour rejoindre Chogha Zanbil ou Suse. J’y suis resté deux nuits au lieu d’une seule prévue, surtout parce que la promenade du soir le long du fleuve Karoun s’est révélée être l’une des soirées les plus simplement agréables et les moins « organisées pour les touristes » que j’aie vécues dans le pays.
Le pont blanc la nuit
Le fleuve Karoun d’Ahvaz — le plus long fleuve d’Iran et le seul navigable — traverse la ville de part en part, et le pont blanc (Pol-e Sefid), un pont suspendu des années 1930 illuminé de blanc la nuit, est devenu le symbole officieux de la ville. Chaque soir, dès que la chaleur retombe, la promenade en bord de rivière se remplit sur les deux rives de familles, de vendeurs de thé, d’enfants à vélo et de couples qui marchent lentement au bord de l’eau. Personne n’était là pour un monument ou une photo. C’était simplement ce que toute la ville faisait après la tombée de la nuit, et m’y joindre m’a semblé la façon la plus honnête de comprendre une capitale de province iranienne qui n’a rien à prouver aux touristes.

La culture arabe du Khouzestan
Ahvaz et la province environnante comptent une importante population d’origine arabe, et cela se ressent dans la nourriture, dans la musique qui s’échappe des maisons de thé, et dans le dialecte parlé dans la rue — une texture culturelle vraiment différente de celle des villes persanophones plus au nord ou à l’est. Un restaurant près du fleuve m’a servi un plat de poisson façon mazgouf, grillé entier sur flamme vive avec du tamarin et des herbes, que je n’ai retrouvé nulle part ailleurs en Iran. Les saveurs penchent vers le Golfe plutôt que vers le plateau persan, et le détour vaut le coup rien que pour la cuisine.

S’orienter
Ahvaz possède un aéroport avec des vols intérieurs réguliers depuis Téhéran et de bons hôtels de milieu de gamme, ce qui en fait une base logique pour des excursions à la journée vers Chogha Zanbil, Suse et Shushtar, toutes à environ deux heures de route. La ville elle-même ne demande guère plus d’une journée et demie — la promenade du soir en bord de fleuve reste l’attraction principale.
Quand y aller : Sans hésiter, de novembre à mars. Ahvaz figure régulièrement parmi les villes les plus chaudes de la planète en été, avec des températures qui rendent les visites en journée franchement dangereuses de mai à septembre.