The Graslei canal at dusk, with guild houses reflected in still water and the spires of Saint Nicholas Church and the Belfry rising behind them against a pale evening sky.
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Gand

"Gand, c'est ce qui arrive quand une ville médiévale décide de rester jeune."

Le secret le mieux gardé de Belgique : une ville universitaire vivante, couverte de street art, de bières artisanales et d'une ligne de toits médiévale qui refuse de se laisser apprivoiser.

J’ai failli ne pas aller à Gand du tout. Nous avions quelques jours entre Amsterdam et Bruxelles, et tous les forums de voyage nous orientaient vers Bruges — plus calme, disait-on, plus léchée. On a choisi Gand quand même, et je n’ai pas arrêté d’y penser depuis.

La Ville Qui Refuse de Dormir

On est arrivés un jeudi soir et on a débarqué en plein milieu d’un festival de rue que ni l’un ni l’autre n’avait prévu. Quelque part près du Vrijdagmarkt, une fanfare jouait sous des ampoules nues tendues entre les façades, et des étudiants débordaient des cafés bruns vers les pavés avec des verres de Gruut — une bière locale brassée sans houblon, aromatisée à la place par un mélange d’herbes qui remonte à avant les guerres des guildes. Ça avait un goût quelque part entre la fleur et l’écorce. Lia en a bu une gorgée, a grimacé, puis a fini le verre.

Voilà Gand en une phrase : plus étrange qu’on ne l’attendait, et meilleure pour ça.

La ligne de toits médiévale est bien réelle — le Beffroi, la Sint-Niklaaskathedraal et la Sint-Baafskathedraal formant un triangle lâche au-dessus des toits, si proches qu’on peut voir les trois depuis un seul point sur le Korenlei sans tourner la tête. Mais contrairement à Bruges, Gand n’a pas été préservée autant qu’elle a continué à vivre. Les rues derrière le front touristique du bord de l’eau sont pleines de fresques murales, de pistes cyclables et de disquaires. La Sleepstraat et la Walpoortstraat traversent un quartier qui ressemble moins à la Belgique qu’à un endroit encore en train de décider ce qu’il veut être.

Ce Qui M’a Surpris à Sint-Veerleplein

Le moment inattendu est arrivé un dimanche matin tranquille. On s’est retrouvés à Sint-Veerleplein, l’ancienne place du marché aux poissons, avant les foules, la lumière encore basse et grise sur l’eau. Un homme vendait du waterzooi — le célèbre ragoût de poulet gantois, épais de crème et de légumes racines — depuis un petit stand au bord de la place. Je l’ai mangé debout, dans un bol en papier, en regardant passer des péniches sous le pont du Gravensteen. C’était le repas le plus ordinaire et le plus extraordinaire de tout le voyage.

J’avais lu sur le waterzooi dans chaque guide. Aucun n’avait mentionné d’en manger à neuf heures du matin à côté d’un château.

Se Repérer dans la Vieille Ville

Le centre historique est assez petit pour s’explorer à pied, mais les meilleures parties se révèlent quand on cesse de les chercher. Traversez le Grasbrug tôt, avant midi. Engagez-vous dans le Patershol, ce lacis médiéval de ruelles juste au nord du Gravensteen, et suivez la rue qui sent le café. Il y aura un restaurant ouvert. Il y aura quelque chose qui vaut la peine d’être commandé.

Quand y aller : De la fin du printemps au début octobre, c’est idéal — longues soirées, le Festival de Gand en juillet si vous voulez la ville à plein régime, ou septembre pour des rues plus calmes et la même lumière dorée sur l’eau du canal.