Des canots posés sur les eaux turquoise du lac Louise entourées de sommets enneigés en été

Amériques

Alberta

"Lake Louise looks like someone turned the saturation dial too far and forgot to dial it back."

Je suis arrivé à Banff fin septembre, quand les mélèzes virent à l’or et que les foules estivales se sont suffisamment dispersées pour qu’on entende enfin le vent descendre des glaciers. Au moment où l’on prend ce dernier virage sur l’Icefields Parkway et que le lac Peyto s’ouvre en contrebas — bleu électrique sur du calcaire gris et les dernières plaques de neige — on comprend pourquoi les gens reviennent ici année après année sans jamais vraiment s’en remettre. Ce n’est pas un paysage dans la nuance. L’Alberta ne fait pas dans la nuance.

Les Rocheuses monopolisent l’attention, à juste titre, mais ce qui m’a surpris c’est la vitesse à laquelle le paysage se transforme en une seule journée de route. De Banff, j’ai poussé vers le nord à travers Jasper, où les wapitis se promènent en ville comme s’ils avaient lu les règlements municipaux et savaient exactement ce à quoi ils ont droit. Puis vers l’est après Edmonton, les montagnes s’arrêtent net — on bascule sur les prairies et soudain c’est plat dans toutes les directions, des silos à grain à l’horizon, des cieux si larges qu’ils semblent sous pression. Ce n’est pas une déception. C’est un autre pays à l’intérieur de la même province, et les deux moitiés méritent d’être comprises. Calgary se tient à cette frontière, une vraie ville avec une scène gastronomique portée par le bœuf albertain, qui est genuinement exceptionnel — un faux-filet affiné à sec dans un bon steakhouse ici fait passer pour une approximation ce que la plupart des endroits servent comme steak.

Ce sont les randonnées que je continue de revoir en mémoire. La Plaine des Six Glaciers au-dessus du lac Louise. Le sentier Skyline à Jasper. Les alpages autour de Larch Valley début octobre, quand les mélèzes brûlent orange et qu’on est seul là-haut parce que tout le monde pensait que la saison était terminée. L’Alberta récompense ceux qui acceptent d’aller un peu au-delà du point d’arrêt évident, de rester un jour de plus quand la météo se lève, de prendre le départ de randonnée qui n’apparaît pas en première page des résultats.

Quand y aller : De fin juin à début octobre pour la randonnée et l’Icefields Parkway dans toute sa splendeur. Début octobre spécifiquement pour la saison des mélèzes — une courte fenêtre que la plupart des visiteurs ratent complètement. De janvier à mars si vous skiez : Lake Louise et Sunshine Village reçoivent une neige qui ferait pleurer les skieurs de Whistler, avec une fraction des queues aux remontées mécaniques.

Ce que la plupart des guides ratent : Ils traitent Banff et Jasper comme des cases à cocher sur une liste et passent à côté du fait que l’Icefields Parkway entre les deux — 230 kilomètres de ce qui est sans doute la plus spectaculaire route de montagne au monde — est elle-même la destination. Arrêtez-vous à chaque belvédère. Levez-vous avant le lever du soleil au lac Moraine. Ne soyez pas pressé en Alberta. La province survivra à votre planning.