Butrint
"Deux mille cinq cents ans d'histoire, et j'ai eu le théâtre presque pour moi seul."
Un parc archéologique classé UNESCO près de Sarandë où des ruines grecques, romaines, byzantines et vénitiennes reposent à moitié immergées dans une lagune grouillante d'oiseaux.
Butrint se situe sur une petite presqu’île entre une lagune et le canal de Vivari, à environ vingt minutes au sud de Sarandë, et c’est le genre de site qui continue de se dévoiler à mesure qu’on le parcourt — on croit avoir vu la ruine, puis le sentier tourne et il y en a une autre, distante de plusieurs siècles de la précédente, à moitié engloutie par la forêt. J’y suis allé sans grande attente, en le traitant comme un à-côté d’une journée plage, et j’y suis resté jusqu’à la fermeture du site.

Les strates sont ici tout l’intérêt : un théâtre grec taillé dans la colline, toujours utilisé pour des représentations ; un forum romain et des thermes publics aux sols de mosaïque enterrés et préservés sous du sable protecteur ; un baptistère du sixième siècle au sol de mosaïque si complexe qu’il reste couvert sauf lors de visites programmées ; la carcasse d’une forteresse vénitienne au sommet de la colline dominant l’ensemble, donnant directement sur le détroit de Corfou. Butrint a changé de mains tant de fois — colonie grecque, cité romaine, évêché byzantin, avant-poste vénitien, territoire ottoman — que la parcourir donne moins l’impression de visiter une ruine que de feuilleter une pile de ruines, mêlées sans ordre par deux millénaires de croissance forestière. Les cigognes nichent sur les tours en ruine au printemps, et la lagune elle-même est une véritable réserve de zones humides, dense de hérons et de cormorans qui ne semblent nullement gênés par les touristes.

J’ai terminé la visite au petit café près de l’entrée, mangeant une part de byrek en regardant un héron traquer les hauts-fonds exactement comme il le fait probablement depuis très longtemps, bien avant qu’aucun des empires ayant construit ce qui se trouvait derrière moi n’ait ni débarqué ni disparu.
Quand y aller : Le printemps est idéal — fleurs sauvages, oiseaux migrateurs dans la lagune, et températures plus fraîches pour la marche entre les sites, qui offre peu d’ombre. Évitez la chaleur de midi en juillet et août si possible.