Parc national du Zambèze
"Six éléphants ont traversé la route devant notre véhicule sans ralentir, et le chauffeur non plus."
Le parc national du Zambèze ne s’annonce pas. On quitte Victoria Falls Town sur la route qui longe le fleuve vers le nord-ouest, et à un moment, on est passé au-delà des lodges et de la limite informelle de la ville, le bush se referme, et on est dans un parc national que la plupart des visiteurs des chutes ne localisent jamais vraiment. Il s’étend sur 40 kilomètres le long de la rive zimbabwéenne du Zambèze supérieur, une bande de forêt riveraine et de plaine alluviale ouverte qui abrite une population d’éléphants dont la confiance décontractée est peut-être la plus grande que j’aie rencontrée n’importe où en Afrique.
Le pays des éléphants
Les éléphants ici se comportent comme s’ils possédaient l’endroit, ce qui est techniquement le cas. Les game drives matinaux le long des routes riveraines produisent des rencontres à des distances qui seraient alarmantes si les animaux ne se montraient pas si clairement indifférents à vous. Un grand mâle a bloqué la route devant notre Land Cruiser pendant trois minutes sans manifester la moindre inquiétude, puis s’est écarté dans la forêt de mopane sans regarder en arrière. Le guide s’est tourné vers moi avec une expression qui disait que ça arrivait tous les jours, ce qui est apparemment le cas.
Les troupeaux de buffles du parc sont également imposants — j’en ai compté plus de 200 dans une clairière ouverte près du fleuve, se déplaçant à la manière collective et lente des grands bovidés, un son de sabots et la percussion grave des cornes. Des antilopes rouannes apparaissent sur les hauteurs, ce qui est suffisamment rare ailleurs pour paraître significatif ici.
Les routes riveraines
Les pistes qui suivent le bord du Zambèze sont ce qu’il y a de mieux dans le parc national du Zambèze pour les visiteurs en conduite autonome. Elles sont praticables en 4x4 en saison sèche et vous placent à quelques mètres du fleuve, où les hippopotames émergent et replongent avec leur régularité balétique et où les crocodiles apparaissent comme des troncs qui se réarrangent parfois.
La lumière sur ces routes en début de matinée est particulière — filtrée par la canopée riveraine qui borde la rive, tachetée et changeante, donnant mouvement à tout même quand rien ne bouge. J’ai conduit un tronçon en silence pendant vingt minutes et compté quatre espèces de martins-pêcheurs différentes entre moi et l’eau. C’est le genre de détail qui ne figure pas dans les moments forts, mais qui est étrangement ce dont on se souvient.
La marche dans le parc
Des promenades guidées sont disponibles et offrent la texture que les game drives ratent — l’odeur du sol après que la bouse d’éléphant a séché au soleil, ce qui est étonnamment agréable ; le son d’une termitière qui travaille à des fréquences juste en dessous du seuil de perception ; la résistance cireuse caractéristique des feuilles de mopane, que les éléphants mangent par tonnes. Mon guide était originaire d’un village près de la limite sud du parc et guidait des promenades ici depuis douze ans. Il narrait le bush comme un habitant narre son quartier — c’est là que les choses se passent, voilà ce que signifient les traces, voilà pourquoi cet arbre est endommagé.
La réalité pratique
Le parc national du Zambèze est accessible en journée depuis Victoria Falls Town — le portail d’entrée est à 6 kilomètres de la ville sur la route de Kazungula. La plupart des visiteurs font des game drives ; les safaris pédestres nécessitent une réservation préalable auprès d’un opérateur agréé. La fréquentation est inférieure à celle des belvédères des chutes côté Zimbabwe, ce qui rend les matins tôt particulièrement précieux.
Le parc abrite des lions, des léopards et des chiens sauvages, bien que les observations de ces prédateurs soient moins fiables que les rencontres avec les éléphants et les buffles. Venez avec des attentes d’éléphants, et toute observation de prédateur sera un bonus.
Quand y aller : De mai à octobre pour l’observation de la faune en saison sèche, quand les animaux se concentrent près du fleuve. Juillet et août offrent la plus forte densité de faune en bordure d’eau. Évitez les routes de saison des pluies (novembre-avril) sauf si vous avez un vrai 4x4 et un planning souple ; certaines pistes deviennent impraticables.