Des manchots pygmées qui traversent le sable au crépuscule vers le maquis côtier, leurs ventres blancs capturant les dernières lueurs orangées sur le détroit de Bass
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Phillip Island

"Ils sortaient du ressac en groupes, marquaient une pause pour considérer l'obscurité, puis passaient devant nous comme si on était des meubles."

Phillip Island se trouve à environ cent quarante kilomètres au sud-est de Melbourne, reliée au continent par un pont à San Remo. On franchit le pont et le paysage s’aplatit immédiatement — herbes coiffées par le vent, tea-trees côtiers, pâturages courant jusqu’en bord de falaise. L’île a une exposition particulière au détroit de Bass qui façonne tout : la végétation est basse et horizontale, courbée en permanence vers l’intérieur des terres par les intempéries, et le littoral est spectaculaire de cette façon non apprêtée que prennent les côtes quand rien ne les adoucit.

La parade des manchots

Commençons par là puisque tout le monde commence par là. La parade des manchots sur Summerland Beach est ce pour quoi Phillip Island est connue, et c’est l’une de ces expériences qui gardent leur étrangeté malgré toute l’infrastructure qui l’entoure — le centre d’accueil, les tribunes étagées, les options de visites guidées, la boutique de souvenirs avec des peluches de manchots en trois tailles. Tout cela existe, et puis les manchots arrivent quand même, et aucune infrastructure ne change ce qu’ils sont.

J’y suis allé un mardi d’avril. Le timing est approximatif — les guides savent à peu près quand le soleil se couche, et les manchots arrivent après la nuit tombée, ce qui signifie que tout le monde attend dans le froid le moment où les premiers ventres blancs apparaissent dans le ressac. Ils sont venus par vagues, marquant une pause au bord de l’eau en groupes de dix ou quinze, puis faisant la traversée de la plage devant la promenade pour plonger dans les dunes. Ils émettent un son qui tient à la fois de l’aboiement et de la protestation. Ils font environ trente centimètres de haut. Ils sont passés devant mes genoux avec une totale indifférence.

Aucune photographie n’est autorisée après la nuit tombée et les lumières de la promenade sont filtrées en rouge. L’effet est de se retrouver dans une quasi-obscurité à regarder quelque chose se dérouler qui ne se résout pas tout à fait en réalité tangible avant d’être de retour sur le parking à essayer de le décrire à quelqu’un.

Les Nobbies et les rochers aux phoques

L’extrémité ouest de l’île est un promontoire appelé les Nobbies, où la côte se découpe en geysers et grottes marines et une promenade longe le bord de la falaise dans un vent qui aimerait vous enlever définitivement votre chapeau. De là, par temps clair, on aperçoit Seal Rocks — deux petits îlots à environ deux kilomètres au large où la plus grande colonie d’otaries à fourrure d’Australie se rassemble. Les otaries sont visibles à l’œil nu, une masse sombre sur les rochers, mais les télescopes du centre d’observation permettent d’en voir des individus se bousculer pour une place.

Les otaries à fourrure sont énormes et semblent profondément non troublées par l’existence. Il y en a environ seize mille sur les rochers. Elles sentent fort.

Churchill Island

Un petit pont relie Phillip Island à Churchill Island, une ferme du patrimoine où des bovins et des moutons paissent encore autour de bâtiments historiques datant des années 1860. C’est la partie plus lente de la visite — celle qui ne fait pas le grille Instagram mais qui implique de se promener dans un vieux verger dans la lumière matinale et de regarder des poules picorer autour d’un bâtiment en bois pendant qu’un guide démontre des techniques de tonte à un groupe scolaire.

Je l’ai trouvé étonnamment agréable, principalement parce que c’est presque entièrement plat et calme et que les vaches se tiennent contre les clôtures avec cette patience bovine particulière.

L’autre côte de l’île

La rive nord de Phillip Island fait face à Western Port Bay, pas au détroit de Bass, et le résultat est un littoral entièrement différent : mangroves, vasières abritées, oiseaux échassiers qui travaillent les eaux peu profondes à marée basse. Rhyll possède une jetée où des cannes à pêche sont posées à toute heure et dont le café sert un fish and chips sans prétention que j’ai mangé sur une table de pique-nique dans le vent et que j’ai complètement apprécié.

Quand y aller : De septembre à mai pour la parade des manchots — leur nombre culmine pendant la saison de reproduction de septembre à février. Évitez les vacances scolaires et les week-ends fériés pour des foules plus gérables. L’automne (mars–mai) est idéal : assez chaud, plus calme, et les manchots sont toujours actifs.