Bennington
"Le genre d'histoire américaine qui reste tranquille jusqu'à ce qu'on y prête attention."
Bennington ne met pas ses charmes en avant. C’est une ville laborieuse du sud-ouest du Vermont, avec un centre-ville qui a connu de meilleures décennies économiques, un passé industriel qui a laissé des marques, et deux quartiers distincts — le centre-ville et le Village — qui semblent deux endroits différents reliés par une seule route. Le Battle Monument est visible depuis la majeure partie du comté, un obélisque de granit gris qui commémore un engagement de la guerre d’Indépendance avec ce genre d’emphase solennelle que les Américains du XIXe siècle réussissaient mieux que quiconque. La ville entière récompense l’attention d’une manière que des destinations plus manifestement séduisantes du Vermont n’exigent pas toujours.
Le monument et ce qu’il explique
Le Bennington Battle Monument s’élève à 93 mètres de haut sur une colline au-dessus du village d’Old Bennington, achevé en 1891 pour commémorer la bataille de Bennington de 1777 — un tournant de la campagne de Saratoga que la plupart des Américains ont oublié et qui tient fort à cœur à la plupart des Vermontois. L’ascenseur jusqu’à la plateforme d’observation ne coûte presque rien et la vue depuis le sommet embrasse trois États : le Vermont, New York et le Massachusetts. Ce que l’on regarde depuis cette hauteur, c’est la vallée de la rivière Walloomsac, une étendue de terres agricoles et de forêt dont les contours n’ont pas changé depuis que la bataille y fut livrée, ce qui est soit réconfortant, soit mélancolique.
La promenade autour d’Old Bennington, au pied du monument, est l’une des meilleures courtes balades du Vermont pour qui s’intéresse au cadre bâti. Les maisons ici sont des XVIIIe et XIXe siècles d’une manière qui ne sonne pas artificielle — pas préservées pour les visiteurs mais simplement anciennes et toujours habitées. L’Old First Church date de 1805 et possède un cimetière où repose Robert Frost. La pierre tombale est en granit ordinaire du Vermont et porte, dans les propres mots de Frost : « I had a lover’s quarrel with the world. » (« J’ai eu une querelle d’amoureux avec le monde. »)
L’héritage de la poterie
La poterie de Bennington a une histoire sans commune mesure avec la taille de la ville. Le Bennington Museum, dans un bâtiment bas près du Village, abrite la plus grande collection de poterie d’art américaine du pays — faïence de Rockingham, porcelaine de Parian, les célèbres pièces à glaçure façon écaille de tortue sorties de la United States Pottery Company au milieu du XIXe siècle. J’y suis entré sans opinions tranchées sur la poterie et en suis ressorti avec quelques-unes, ce qui en dit long sur la qualité de la collection et de sa conservation.
Le musée détient aussi des tableaux de Grandma Moses — une collection importante de cette artiste populaire qui grandit dans la région et peignit des paysages de fermes de Nouvelle-Angleterre avec ce genre de précision lumineuse qui paraît naïve jusqu’à ce qu’on réalise combien d’informations elle faisait tenir dans chaque toile.
La maison Park-McCullough
Du côté ouest de North Bennington, la Park-McCullough House est un manoir victorien bâti en 1865 qui a été préservé plus ou moins intact — papiers peints, mobilier, remise à calèches, maisonnette de jeu des enfants derrière la maison principale. La demeure se visite lors de tours d’une décontraction plaisante ; le personnel connaît l’histoire et ne la survend pas. Le jardin est bien tenu. La remise à calèches à elle seule, avec sa collection d’équipages victoriens, justifierait une visite si vous êtes du genre à réfléchir à la logistique des transports du XIXe siècle.
La connexion au Long Trail
La Route 9, qui part vers l’est de Bennington en direction de Brattleboro, croise le Long Trail au mont Glastenbury — l’une des routes secondaires les plus marquantes du Vermont et un bon point d’entrée vers les Green Mountains si l’on est équipé pour. La montée du Glastenbury offre une tour de guet au sommet avec des vues qui valent le dénivelé. La montagne a la réputation d’être reculée et légèrement inquiétante, ce que je trouve plus attirant que dissuasif.
Quand y aller : Octobre pour le feuillage, dense et riche dans ce coin sud-ouest de l’État. Les Bennington Battle Days, en août, attirent une foule d’amateurs d’histoire et le monument organise des événements spéciaux. Le musée est ouvert toute l’année avec des horaires réduits en hiver. N’attendez aucune vie nocturne en quelque saison que ce soit — Bennington est une destination de jour qui se couche tôt.