Une vaste plage de sable blanc longue d'un kilomètre et demi à Magens Bay, St. Thomas, encadrée d'eaux turquoise calmes et de collines verdoyantes
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Magens Bay

"La baie a la forme d'un cœur. À ce stade, je ne sais plus si c'est de la géologie ou de la mythologie."

Tout le monde dit que Magens Bay est l’une des plus belles plages du monde. Le problème quand tout le monde le dit, c’est que tout le monde y va ensuite. Je m’y suis mal pris la première fois — arrivé en milieu de matinée un jour où trois navires de croisière étaient au port — et je suis reparti vingt minutes plus tard. La deuxième fois, j’ai franchi la montagne depuis Charlotte Amalie à six heures et demie du matin, atteint la plage avant l’ouverture officielle de la grille, marché sur le sable dans une lumière basse avec la baie entièrement pour moi, et j’ai compris immédiatement de quoi tout le monde parlait.

La forme de la chose

La baie dessine une courbe presque parfaite, longue de près d’un kilomètre et demi, protégée à ses deux extrémités par des promontoires boisés qui bloquent la houle de l’Atlantique. C’est pour cela que l’eau est si calme — on peut barboter sans se faire pousser nulle part, ce qui est inhabituel pour les Caraïbes. Le sable est blanc et l’eau reste peu profonde sur une longue distance avant de se creuser, ce qui donne à toute la baie cette couleur bleu-vert particulière née du regard qui traverse l’eau jusqu’au sable pâle. Les collines qui ferment la baie sont d’un vert sombre et abruptes, plongeant vers l’eau sur trois côtés. C’est un paysage clos, et c’est en partie ce qui le rend si singulier — on ne regarde pas vers la haute mer, mais vers quelque chose qui ressemble davantage à une pièce.

Composer avec la foule

La plage est gérée par la St. Thomas Land and Water Authority et fait payer un petit droit d’entrée. Les installations sont correctes — vestiaires, snacks, locations de matériel, chaises longues. Le personnel a la patience exercée de gens qui composent chaque jour avec un grand nombre de visiteurs et qui ont décidé que ça allait.

La question de la foule se gère avec le bon timing. Avant 9 h, vous avez la plage presque pour vous. Après 16 h, les bus de touristes cessent de venir et les visiteurs d’un jour commencent à s’éclaircir. Le milieu de journée, surtout si des navires sont au port, est franchement désagréable. J’ai fini par y passer deux matinées — arrivée tôt, quelques heures de baignade et de marche sur toute la longueur du sable, départ avant 10 h 30, avant que ça ne se remplisse.

La baignade elle-même

L’eau est chaude toute l’année — environ 27 °C en hiver, plus chaude l’été — et la baie calme et protégée la rend vraiment agréable pour de longues nages. Je suis un nageur médiocre et j’ai rejoint le promontoire le plus éloigné et fait demi-tour sans la moindre inquiétude. Le snorkeling est moyen — un peu de corail près des bordures rocheuses — mais Magens Bay est avant tout une plage de baignade et de farniente plutôt qu’une destination de snorkeling. Pour de l’action sous-marine sur les récifs, Buck Island ou Trunk Bay s’en sortent mieux.

La route par-dessus la montagne

La moitié de l’expérience à Magens Bay, c’est la route pour y arriver. Le chemin depuis Charlotte Amalie monte et franchit l’échine de St. Thomas — appelée Skyline Drive au point culminant — et les vues depuis le belvédère comptent parmi les plus belles du territoire. On aperçoit Magens Bay en contrebas, les Îles Vierges britanniques au nord, St. John à l’est, et le littoral de St. Thomas dans les deux directions. Arrêtez-vous au belvédère de Drake’s Seat et arrivez plus tôt qu’il ne semble nécessaire. La lumière à cette heure-là rend les couleurs de l’eau en contrebas presque invraisemblables.

Quand y aller : Février et mars, pour le pic de la saison sèche avec une fréquentation touristique gérable. Les matinées en semaine valent toujours mieux que les week-ends. Arrivez avant 8 h 30 si des navires sont au port. De décembre à avril, c’est la fenêtre fiable ; juillet et août sont plus chauds, plus humides, mais la plage elle-même reste magnifique. La saison des ouragans (de juin à novembre) comporte un risque météorologique.