Vue panoramique de la cathédrale d'Assise se dressant au-dessus des oliveraies en terrasses sous un ciel bleu dégagé

Europe

Ombrie

"L'Ombrie, c'est ce que l'Italie donne à voir quand personne ne joue la comédie pour toi."

Je suis arrivé en Ombrie par le train depuis Rome en m’attendant à peu — une journée à Assise, quelques églises, rentrer avant la nuit. Je suis resté quatre jours. Ce qui m’a retenu, ce n’est pas la Basilique Saint-François, pourtant extraordinaire, mais l’oliveraie derrière les remparts du bourg juste après le lever du soleil, quand la lumière frappe les feuilles vert argenté à un angle qui fait comprendre pourquoi les gens peignent cette scène exacte depuis six siècles. L’Ombrie n’a pas besoin d’en faire plus. Les collines sont si bien disposées qu’on dirait qu’elles ont été composées.

Pérouse est la capitale et la ville la plus sous-estimée du centre de l’Italie. Elle possède un centre médiéval perché sur une crête qu’il m’a fallu vingt minutes pour trouver comment gravir — des escalators construits dans la colline, qui traversent un aqueduc médiéval et débouchent sur une place avec une fontaine gothique qui crache de l’eau depuis 1278. Il y a un festival du chocolat chaque octobre et un festival de jazz chaque juillet, mais plus utile encore que ces deux informations est le fait que Pérouse possède sous son calendrier touristique une vraie ville universitaire en activité, ce qui signifie de bons restaurants bon marché et des bars ouverts jusqu’à vingt-deux heures. Spolète est à deux arrêts de train vers le sud, plus resserrée et plus dramatique, construite dans une gorge avec un amphithéâtre romain encore utilisé pour des concerts. À Norcia, on produit la meilleure truffe noire d’Europe, vendue dans de petits bocaux à un prix qui paraît raisonnable jusqu’à ce qu’on en ait acheté trois. J’en achète trois à chaque fois que j’y vais.

La cuisine ici suit les saisons avec une intensité qui frise l’agressivité. Le printemps, c’est les asperges et l’agneau. L’été amène les lentilles de Castelluccio, un minuscule village à 1 400 mètres d’altitude entouré de plaines en fleurs qui semblent mises en scène. L’automne, c’est la saison des truffes — râpées sur des pâtes à l’œuf, incorporées au beurre, étalées sur une bruschetta sans la moindre cérémonie. Les vins sont le Sagrantino et l’Orvieto : l’un sombre et tannique, fait pour la viande ; l’autre pâle et minéral, fait pour une terrasse au crépuscule. Ni l’un ni l’autre ne figurera sur une liste que vous avez déjà lue.

Quand y aller : De fin septembre à novembre, c’est l’apogée de ce qui compte vraiment ici — la saison des truffes, les vendanges, des températures plus douces et le moins de touristes que l’Italie puisse offrir. Mai est également excellent. Évitez août : les bourgs perchés cuisent et les habitants partent.

Ce que la plupart des guides ratent : Ils traitent l’Ombrie comme une extension de deux jours d’un séjour en Toscane, ce qui signifie qu’ils couvrent Assise et Orvieto et rien d’autre. Mais la région récompense le voyage lent : prenez le train local entre les petits bourgs, arrêtez-vous à Bevagna, Montefalco et Spello, déjeunez quelque part où le menu n’existe pas en anglais. L’Ombrie qui vaut la peine d’être mémorisée, c’est celle qui se trouve entre les lieux célèbres, pas les lieux célèbres eux-mêmes.