La route vers Maracas Bay fait partie de l’expérience à elle seule. Elle monte vers le nord depuis Port of Spain à travers la Northern Range en une série de virages en épingle à cheveux qui semblent franchement alarmants pendant une bonne quinzaine de minutes, puis franchit soudainement une crête et vous livre la mer des Caraïbes en contrebas comme une récompense — un long croissant de sable pâle encerclé de collines si densément vertes qu’elles semblent peintes. La descente est tout aussi spectaculaire, et au moment où je me suis garé et où j’ai traversé la palmeraie vers l’eau, j’avais le sentiment d’avoir mérité ce que j’allais manger.
Le bake and shark : le seul programme possible
Le Richard’s Bake and Shark est le plus célèbre, et il mérite sa réputation. Le principe est simple : un filet de requin frit glissé dans un bake frit (une sorte de pain frit gonflé), puis vous remontez un comptoir de condiments d’une longueur époustouflante — sauce tamarin, chutney de mangue, ananas, shadow beni, sauce à l’ail, coleslaw, sauce pimentée, chadon beni. J’ai tout mis sur le mien et j’ai immédiatement regretté de ne pas en avoir mis davantage. Le requin lui-même est doux, presque sucré, et disparaît dans la combinaison de textures et de chaleur. J’en ai mangé un deuxième. Je n’avais prévu d’en manger qu’un seul.
La concurrence entre les stands est poliment acharnée — chacun se présente comme l’original, le meilleur, celui que préfère le président. J’ai essayé trois stands différents en deux visites et honnêtement, ils sont tous excellents. Allez à celui qui a la queue la plus courte.
L’eau
Maracas Bay fait face à l’Atlantique plutôt qu’aux eaux plus calmes des Caraïbes, ce qui signifie que le ressac a une vraie énergie. Lors de ma première visite, les vagues montaient à la poitrine et persistaient, et un groupe d’adolescents faisait ce que les adolescents font partout face aux vagues — se jeter dans les plus grandes et en ressortir triomphants ou toussotants, les deux étant apparemment aussi satisfaisants l’un que l’autre. J’ai nagé une heure et suis sorti avec du sable dans des endroits que je n’énumérerai pas. La station de maître-nageur fonctionne les week-ends et les jours fériés ; un mardi tranquille, je partageais l’eau avec peut-être vingt autres personnes.
L’eau est chaude de cette façon qui fait oublier la température. Je flottais sur le dos à regarder des frégates tournoyer au-dessus de la ligne des arbres, sans penser à rien d’utile.
Les collines derrière
Ce que les visiteurs ratent systématiquement : les courts sentiers de randonnée qui s’enfoncent dans la Northern Range depuis chaque extrémité de la plage. Ils ne sont pas particulièrement balisés, mais celui à l’extrémité est vous fait traverser une forêt secondaire en une vingtaine de minutes jusqu’à un belvédère d’où l’on voit toute la baie déployée en contrebas. La forêt sent agressivement le vert — feuilles mouillées, terre, quelque chose de fongique et vivant. J’ai fait s’envoler une paire de motmots d’une branche ; ils sont partis avec ce battement d’ailes lent et caractéristique, leurs queues en raquette se balançant.
La foule le week-end
Venez en semaine si vous pouvez. Le dimanche après-midi, Maracas se transforme en salon collectif de Trinidad — familles avec glacières bien garnies et enceintes portables et enfants qui courent partout, groupes d’amis qui font clairement ça tous les dimanches depuis des années. C’est joyeux et c’est aussi extrêmement bondé. L’ambiance est fondamentalement différente d’une plage touristique : c’est les Trinidadiens à la plage, ce qui est une chose précise et magnifique, mais le parking devient une affaire de quarante minutes et les files pour le bake-and-shark s’étirent.
Quand y aller : Maracas est agréable toute l’année mais à son meilleur en saison sèche (janvier–mai). Le ressac augmente pendant la saison de la houle atlantique (juillet–septembre), ce qui convient aux nageurs compétents mais n’est pas idéal si vous venez avec de jeunes enfants. Les matins en semaine avant midi sont le créneau idéal pour le parking et l’affluence.