Chattanooga
"Chattanooga, c'est l'histoire de la Rust Belt américaine qui a pris l'autre direction."
Dans les années 1960, Chattanooga avait la pire pollution de l’air de toutes les villes des États-Unis. Les aciéries et les fonderies avaient teinté le ciel d’un gris-brun permanent, et la rivière Tennessee était un chenal dont on ne s’approchait pas. Dans les années 1990, un effort soutenu pour assainir l’air, restaurer les berges et reconstruire le centre-ville avait commencé à la transformer. Aujourd’hui Chattanooga est le genre de ville américaine de taille moyenne que les grandes villes étudient discrètement : piétonne, agréable à vivre, et vraiment intéressante sans avoir basculé dans l’autosatisfaction qui suit généralement.
Les berges et le pont de Walnut Street
L’Aquarium du Tennessee se trouve à l’extrémité nord d’un parc riverain qui s’étire de l’aquarium jusqu’à Ross’s Landing sans une seule rupture visuelle digne d’agacement. L’aquarium lui-même est organisé autour du bassin versant de la rivière Tennessee — poissons d’eau douce, loutres de rivière, polyodons dans des bassins qui simulent un vrai courant. C’est le genre d’aquarium où l’on finit par lire chaque panneau.
Le pont de Walnut Street, datant de 1891 et désormais réservé aux piétons, est l’un des plus longs ponts piétonniers au monde et la façon la plus simple de comprendre la géographie de la ville. On le traverse du centre-ville jusqu’au quartier de Northshore, qui compte des cafés, des librairies et un marché fermier le samedi où l’on vend un chèvre franchement excellent provenant des fermes des vallées environnantes.
Lookout Mountain
L’importance de Lookout Mountain dans la guerre de Sécession — la « Bataille au-dessus des nuages » de novembre 1863 qui ouvrit la route vers Atlanta — est moins immédiatement perceptible que la vue, qui est tout simplement spectaculaire. Point Park, au sommet, donne sur sept États par temps clair, avec la rivière Tennessee qui s’incurve en contrebas en un fer à cheval couleur d’étain.
Rock City, juste de l’autre côté de la frontière de Géorgie sur le versant sud de la montagne, est le genre d’attraction routière américaine à laquelle je trouve impossible de résister : jardins de gnomes, un pont suspendu au-dessus d’une gorge, d’énormes formations de grès baptisées de noms comme « Lover’s Leap » par une certaine Frieda Carter dans les années 1930, qui engagea ensuite des peintres de granges pour faire de la publicité sur 900 toits à travers tout le Sud-Est. Les granges « See Rock City » sont toujours là. L’attraction elle-même, en pure Americana, vaut deux heures.
Le Bluff View Art District
Sur une falaise de calcaire au-dessus de la rivière, un ensemble de maisons restaurées du tournant du siècle abrite aujourd’hui le Hunter Museum of American Art ainsi qu’une collection de galeries, de restaurants et un jardin de sculptures qui prend l’expression au sérieux. La collection du Hunter va des paysages de la Hudson River School aux œuvres contemporaines, et le bâtiment — un manoir néoclassique de 1905 relié par une extension de verre et d’acier à une tour brutaliste de 1975, elle-même reliée à une aile contemporaine de 2005 — est un étrange argument architectural accidentel sur le temps.
J’ai pris un café au Back Inn Café sur la terrasse de la falaise un matin où le brouillard reposait sur la rivière en contrebas. Un grand héron bleu se tenait sur un rocher dans le chenal. J’ai écrit trois pages dans mon carnet sans lever les yeux.
L’accès au plein air
Chattanooga s’est positionnée avec agressivité comme destination de plein air, ce qui est en grande partie justifié. Le Tennessee Riverwalk court sur dix kilomètres le long des deux rives. Signal Mountain, au nord, possède des voies d’escalade qui attirent des grimpeurs sérieux. Le Lookout Mountain Bike Park, en contrebas du sommet, propose des pistes pour cyclistes du prudent au téméraire. La ville fait circuler une navette électrique gratuite au centre-ville, ce qui rend les déplacements sans voiture réellement praticables.
Quand y aller : de mars à mai et de septembre à novembre sont les périodes idéales — températures douces, faible humidité, et la rivière prend de belles couleurs en automne. L’été est chaud et humide mais gérable si l’on reste sur l’eau. Évitez la semaine entre Noël et le Nouvel An, lorsque Rock City organise un événement de lumières et que les routes de montagne se bouchent sur des kilomètres.