Bunaken
"La paroi de Lekuan descend si loin qu'on n'en voit pas le fond — et la visibilité atteint trente mètres."
Première plongée à Lekuan
La paroi récifale de Lekuan descend si abruptement et si loin qu’on ne peut pas en voir le fond même avec une visibilité parfaite — et la visibilité à Bunaken atteint trente mètres les bons jours, c’est-à-dire la plupart. J’avais suffisamment plongé en Thaïlande et aux Philippines pour croire comprendre ce qu’était une plongée sur tombant. Bunaken a recalibré cette compréhension dans les dix premières minutes de la première plongée. Le corail dans les parties supérieures forme un jardin vertical dense, et en dessous de vingt mètres les poissons apparaissent en nombres qui semblent impossibles — des bancs de fusiliers si épais qu’ils filtrent la lumière comme un rideau en mouvement, puis s’écartent brusquement pour révéler la paroi qui continue de descendre vers le bleu.
Manado Tua à l’horizon
Bunaken est techniquement une île à l’intérieur d’un parc marin national, et sa voisine Manado Tua — un volcan éteint qui s’élève en un cône parfait — est toujours visible à l’horizon quand on remonte en surface. Cette vue est devenue une sorte de raccourci visuel pour le nord de Sulawesi, et elle le mérite. L’île elle-même est assez petite pour être traversée à pied en une après-midi, avec un seul village de familles de pêcheurs qui s’est adapté avec plus ou moins d’enthousiasme à la cohabitation avec les plongeurs. Les repas dans les warungs — riz, poisson grillé, sambal qui arrivait dans trois nuances différentes de rouge selon la cuisine où l’on atterrissait — étaient meilleurs qu’ils n’avaient le droit de l’être compte tenu de la distance du supermarché le plus proche.
La question de la plongée nocturne
Je ne suis pas naturellement attiré par la plongée nocturne. L’obscurité me semble moins apaisante qu’en plein jour, et une petite partie de mon cerveau reste convaincue qu’elle va me retrouver dans la chaîne alimentaire. Mais mon guide au guesthouse était persuasif comme le sont souvent les guides de plongée indonésiens — une confiance tranquille plutôt qu’un argumentaire commercial — et j’y suis allé. Des crevettes-mantes se déplaçaient à une vitesse saisissante sur le sable. Une petite pieuvre a viré au pâle avant de se faufiler sous le corail avec une rapidité qui donnait l’impression d’une scène coupée au montage. Ma torche a éclairé un napoléon endormi et nous avons eu aussi peur l’un de l’autre. Je suis remonté converti et j’ai réservé une autre plongée pour la nuit suivante.
Le circuit des guesthouses
L’hébergement à Bunaken va des bungalows en bambou basiques aux resorts de plongée mieux équipés, mais même les options budget sont suffisamment proches de l’eau pour l’entendre la nuit. Je séjournais dans une maison familiale dont le petit-déjeuner était servi sur une terrasse en bois au-dessus de la mer, et la distance entre la fin du café et le début d’une plongée était d’environ quatre minutes. C’est l’avantage opérationnel de Bunaken sur les destinations de plongée plus développées — la logistique n’avale pas l’expérience. Pas de bus à attraper, pas de marina à traverser. On finit son café et on bascule au-dessus du ponton.
Quand y aller : D’avril à novembre, la mer est la plus calme et la visibilité la meilleure. Les mois de plongée optimaux sont juin à août, quand la visibilité dépasse fréquemment trente mètres et quand les courants sur les tombants amènent le plus de passages pélagiques. Éviter décembre à février, quand la mousson du nord-ouest rend la traversée depuis Manado éprouvante. Le bateau depuis le port principal de Manado prend trente minutes ; Manado dispose d’un aéroport international avec des connexions dans toute l’Indonésie et vers Singapour.