Laas Geel
"J'oubliais sans cesse de prendre des notes parce que j'oubliais sans cesse de faire quoi que ce soit d'autre que regarder."
Laas Geel ne s’annonce pas. La route depuis Hargeisa file vers le nord-est à travers une brousse sèche d’acacias pendant environ une heure, puis un petit panneau peint apparaît à un embranchement, puis une piste de terre, puis un amas de blocs de granit assez gros pour s’abriter dessous — et à l’intérieur de ces blocs, des peintures. Beaucoup, beaucoup de peintures. Réalisées il y a entre neuf et onze mille ans et toujours, de façon insensée, là.
Sous la roche : ce qui a été laissé
Les grottes de Laas Geel sont techniquement des abris de granit peu profonds plutôt que de profondes cavernes, ce qui explique en partie la survie des peintures : protégés de la pluie directe, abrités du vent, les pigments d’ocre se sont oxydés dans la pierre elle-même au fil des millénaires. En entrant dans le premier abri, l’œil s’ajuste, puis les figures apparaissent — des bovins aux longues cornes et aux robes détaillées, rendues avec amour, des figures humaines aux bras levés, ce qui semble être des chiens, des formes géométriques dont le sens reste à deviner.
Les bovins, en particulier, sont extraordinaires. Les artistes qui ont réalisé ces images se souciaient manifestement intensément du bétail — les animaux sont représentés avec des peaux texturées, des motifs de robe spécifiques, des postures gracieuses. Chacun est distinct. Quelle que soit la relation qu’avaient ces gens avec leurs troupeaux, elle n’avait rien de désinvolte.
J’ai parcouru le site lentement, m’accroupissant pour voir les panneaux inférieurs, me penchant jusqu’à ce que la surface peinte soit à quelques centimètres de mon visage. Les pigments sont encore vifs par endroits — terre de Sienne brûlée, blanc, parfois du noir. Une équipe archéologique française a découvert officiellement le site en 2002, bien que les bergers locaux aient toujours su qu’il était là. Le nom lui-même signifie « le point d’eau des chameaux » en somali.
Le paysage alentour
Une partie de ce qui fait la réussite de la visite, c’est le paysage lui-même. La brousse qui mène à Laas Geel est ouverte et immense, la lumière d’un blanc plat et délavant à la mi-journée qui fait ressortir nettement les affleurements de granit. Des babouins aboient depuis les rochers. Des singes vervets observent à distance. À l’aube, lorsque la lumière est oblique et orangée, le site tout entier prend une qualité qui paraît, sans grand effort, véritablement ancienne.
Le gardien du site — un jeune homme d’un village voisin qui parlait un anglais soigné et précis — m’a expliqué que sa famille avait été gardienne des grottes pendant des générations avant la découverte officielle. Il savait quels abris visiter dans quel ordre, quels panneaux étaient les plus importants, où se tenir pour saisir la meilleure lumière sur les peintures les plus détaillées. Son savoir m’a été plus utile que n’importe quel guide.
Atteindre le site et quoi emporter
Depuis Hargeisa, Laas Geel se trouve à environ 60 kilomètres — organisez un véhicule en ville, car les transports en commun ne desservent pas le site. La piste vers les abris est une marche courte et facile depuis le stationnement des véhicules. Il n’y a aucune infrastructure formelle pour les visiteurs au-delà d’un système d’entrée basique géré par le ministère du Tourisme ; emportez votre propre eau, des en-cas et un chapeau. Le site vaut largement la peine d’être combiné avec d’autres excursions dans la région de Hargeisa.
Aucune restriction photographique ne s’applique aux peintures elles-mêmes à distance, mais la priorité est de ne pas toucher les surfaces, aussi tentante que devienne la proximité.
Quand y aller : d’octobre à mars, en phase avec la saison sèche du Somaliland. La marche entre les abris est exposée, donc une arrivée tôt le matin est fortement recommandée — le site est à son meilleur dans les premières heures de lumière, à la fois pour le confort et pour la qualité du rendu des peintures.