Hobyo
"Le sable était en train de gagner sa querelle avec les murs, et honnêtement, le sable n'avait pas tort."
Hobyo est le genre d’endroit qui figure sur très peu d’itinéraires et reste en mémoire de manière disproportionnée. Elle se trouve à mi-côte, du côté de l’océan Indien de la Somalie, dans la portion entre Mogadiscio et Bosaso qui ne voit presque aucun passage de visiteurs, et elle a cette qualité d’un lieu qui fait ses propres choses depuis très longtemps sans se soucier particulièrement de ce que le monde extérieur en pense.
Les ruines du sultanat et de l’époque italienne
Hobyo fut la capitale du sultanat de Hobyo au dix-neuvième siècle, une puissance régionale qui occupait cette portion de la côte du Benadir et commerçait abondamment à travers l’ouest de l’océan Indien. Lorsque les Italiens absorbèrent le territoire au début du vingtième siècle, ils construisirent un fort et des bâtiments administratifs, dont certains subsistent dans divers états d’effondrement.
La ruine la plus frappante est l’ancien fort, partiellement englouti par les dunes côtières dans un processus qui le détruit activement tout en le rendant plus photogénique d’année en année. Le sable s’amoncelle contre ses murs et à travers ses fenêtres brisées. À l’intérieur, les pièces qui ont conservé un toit abritent des poches d’ombre et de chaleur, et la lumière qui passe par les fissures de la maçonnerie traverse le sol de sable en motifs qui se déplacent au fil de la journée.
Je suis arrivé en m’attendant à des ruines formelles et j’ai trouvé quelque chose de plus intéressant — une structure en dialogue avec son paysage, et le paysage clairement vainqueur.
Les dunes et l’océan Indien
Les dunes côtières au nord de Hobyo sont l’élément naturel le plus inattendu que j’aie rencontré où que ce soit en Somalie. Elles sont hautes — certaines atteignent quinze ou vingt mètres — et s’étirent sur plusieurs kilomètres le long de la plage, adossées à des broussailles et bordées par le ressac de l’océan Indien. La combinaison de l’échelle et de cet or particulier du sable dans la lumière de fin d’après-midi produisait des vues qui semblaient invraisemblables.
J’ai grimpé la plus haute dune que je pouvais atteindre et j’ai regardé l’océan d’en haut, observant les lignes de ressac arriver et déferler. Le vent au sommet était assez fort pour déplacer le sable en rideaux visibles. En contrebas, quelques bateaux de pêche étaient ancrés sous le vent d’un petit promontoire. Les sons de la ville, jamais forts, avaient entièrement disparu.
La ville : petite, autosuffisante, accueillante
Hobyo elle-même est une petite ville de quelques milliers d’habitants, organisée autour de la pêche et du petit commerce. Le front de mer abrite un groupe de maisons de thé et de vendeurs de poisson. Des chameaux errent dans les ruelles arrière avec l’assurance d’animaux qui savent qu’ils comptent plus que quiconque ne l’admettra. Les hommes de la maison de thé où j’ai passé l’essentiel de ma première soirée étaient curieux et amicaux — ils voulaient savoir ce qui amenait quelqu’un ici, une question à laquelle j’ai répondu aussi honnêtement que possible, ce qui a produit à la fois de l’acceptation et un certain ahurissement poli.
Il n’y a aucune infrastructure d’hébergement formelle à Hobyo. Les visiteurs organisent leur logement par des contacts ou des intermédiaires locaux — une hospitalité de base plutôt que des maisons d’hôtes commerciales. C’est une situation à anticiper, et non à découvrir avec surprise.
S’y rendre
Hobyo est accessible par une route difficile depuis Galkayo au nord, ou par la mer depuis Mogadiscio. L’accès aérien par petit vol affrété est possible avec une organisation préalable. C’est un territoire véritablement hors des sentiers battus, dans un pays où une grande partie des sentiers est déjà passablement peu fréquentée.
Quand y aller : d’octobre à février, lorsque les régimes de vent de l’océan Indien produisent des mers plus calmes et des températures modérées. La mousson du sud-est (juin-août) apporte des conditions agitées sur cette côte. Organisez tout par l’intermédiaire d’opérateurs ayant une connaissance actuelle du terrain.