L'intérieur du Colored Canyon dans le Sinaï, étroites parois de grès orange et violet se tordant vers le haut avec une bande de ciel bleu visible au-dessus, la lumière projetant des ombres chaudes sur la roche stratifiée
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Colored Canyon

"Le canyon fait peut-être deux mètres de large et les parois ont la couleur de choses pour lesquelles je n'ai pas de mots."

La géologie qui fait quelque chose d’extraordinaire

Le Colored Canyon — Wadi Aheimir en arabe — se trouve dans le désert à une quarantaine de kilomètres à l’intérieur des terres depuis Nuweiba, accessible en jeep par une piste qui serpente à travers les plaines de graviers et les basses collines de granite. Le canyon lui-même s’annonce presque sans préavis : vous marchez en plein désert ouvert, puis la terre s’enfonce et se resserre, et vous voilà à l’intérieur de quelque chose qui fonctionne comme un corridor, sauf que les parois font des choses que les corridors ne font pas d’ordinaire.

La roche est un grès nubien, déposé en couches sur des centaines de millions d’années, puis soulevé, fracturé et sculpté par les crues éclair en ces passages étroits et tortueux. Ce qui rend le Colored Canyon spécifiquement remarquable, c’est la teneur en minéraux de ces couches : les oxydes de fer produisent des bandes d’orange, d’ocre et de rouille ; les dépôts de manganèse courent en stries noir-violacé sombres ; les traces de cuivre apparaissent en veines vertes. Tout cela est présent simultanément, et les parois du canyon se tordent et s’incurvent de manières qui présentent sans cesse de nouvelles combinaisons de couleur contre couleur.

La traversée

La traversée standard prend deux à trois heures et nécessite de grimper sur des rochers et de se faufiler dans des passages étroits où vos épaules frôlent les deux parois. Il n’y a pas d’échelles, mais certains mouvements exigent les deux mains, et le terrain est inégal d’un bout à l’autre. Personne à qui j’ai parlé ne l’a trouvé techniquement difficile, mais ce n’est pas une promenade passive.

La meilleure lumière est en milieu de matinée, quand le soleil est assez haut pour passer au-dessus des parois du canyon et projeter une illumination directe sur la roche. J’y suis allé à onze heures et les couleurs étaient presque agressives — l’orange intensifié par la lumière réfléchie, les stries minérales noir-violacé l’absorbant, tout le passage rayonnant d’une manière que les photographies ne peuvent pas pleinement transmettre, parce que les photographies ne peuvent pas saisir la façon dont la lumière se déplace quand on se déplace.

Il y a un endroit, à peu près à mi-parcours, où le canyon s’élargit en une petite salle avant de se resserrer de nouveau, et je m’y suis arrêté vingt minutes juste pour regarder. Les parois s’incurvaient au-dessus de moi d’une manière qui paraissait architecturale, comme si quelqu’un avait sculpté cela délibérément. Ce sont les crues éclair qui l’ont sculpté. De l’eau qui coule depuis des millénaires à travers la roche. La patience que cela suppose est difficile à tenir à l’esprit.

Les guides bédouins

Le canyon se trouve sur le territoire des Bédouins Tarabin, et même si l’on peut techniquement le parcourir sans guide, les familles bédouines qui exploitent les excursions en jeep et les services de guide connaissent le terrain d’une façon qui enrichit considérablement l’expérience. Mon guide a repéré des traces de bouquetin dans une poche de sable au passage le plus étroit du canyon, a identifié le minéral précis responsable d’une strie verte particulièrement vive que je fixais depuis un moment (la malachite, un carbonate de cuivre), et nous a fait traverser la section des rochers par un itinéraire légèrement plus facile que je n’aurais pas trouvé seul.

Le trajet en jeep jusqu’au canyon fait lui-même partie de l’attrait : le désert entre Nuweiba et le canyon est le haut Sinaï dans toute sa pureté — plaines de graviers, affleurements de granite, absence totale d’ombre — et son échelle est difficile à transmettre tant qu’on n’a pas passé une heure à la traverser.

Aspects pratiques

La plupart des gens organisent l’excursion depuis Nuweiba ou Dahab en sortie d’une demi-journée ou d’une journée entière. Une jeep avec chauffeur et guide coûte un tarif fixe négocié à l’hébergement ou auprès des coopératives bédouines dans les deux villes. Emportez plus d’eau que vous ne le pensez nécessaire — le canyon est abrité du vent et plus chaud que le désert environnant.

Quand y aller : D’octobre à avril, quand la chaleur est supportable. Le canyon lui-même offre de l’ombre mais se transforme en four l’été. Le risque de crue éclair est réel en toute saison lorsqu’il pleut sur les hauteurs — interrogez votre guide sur la météo récente et n’entrez pas dans le canyon s’il y a la moindre chance de pluie en amont.