Un cairn de roches sombres marquant le sommet du Ras Dashen à 4 550 mètres, les hauts plateaux éthiopiens s'effaçant dans toutes les directions sous un vaste ciel pâle
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Ras Dashen

"Le repère du sommet était un tas de pierres et un poteau de bois. C'était exactement comme il fallait."

Avant l’aube à Chenek

Le réveil a sonné à quatre heures quinze. Dehors, devant la hutte de pierre, il faisait complètement noir et vraiment froid — j’ai entendu l’eau de ma gourde cogner contre la glace quand je l’ai bougée. Le garde avait préparé le petit-déjeuner : thé sucré, pain, œufs durs. J’ai mangé sans grand appétit, ce qui est la preuve que le corps prend l’altitude au sérieux.

Le sentier depuis Chenek traverse la haute lande dans le noir, frontale allumée, suivant une piste que le guide connaissait assez bien pour la parcourir sans regarder ses pieds. Les géladas étaient déjà réveillés — on les entendait quelque part sur la pente en contrebas, leurs cris graves et roulants montant à travers l’obscurité. Quand le ciel a commencé à s’éclaircir à l’est, j’étais au-dessus de 4 000 mètres, traversant le plateau vers la crête du Bwahit, ma respiration un effort régulier et délibéré.

La longue approche

Le Ras Dashen ne s’annonce pas de façon spectaculaire. L’itinéraire depuis Chenek franchit la traversée du Bwahit, descend dans la haute vallée entre les deux massifs, puis remonte par une série de faux sommets qui mettent votre patience à l’épreuve. L’altitude au-dessus de 4 200 mètres rend les distances trompeuses — ce qui ressemble à vingt minutes en fait quarante, ce qui ressemble au sommet n’est que l’épaule avant le sommet.

La dernière section est faite de caillasse et d’éboulis, le genre de surface où vous posez le pied et où le sol n’est pas d’accord. Mon guide me devançait d’une centaine de mètres et m’attendait par intervalles, sans jamais presser, désignant parfois quelque chose sur la paroi qui se révélait être un gypaète ou une formation rocheuse qui lui ressemblait. J’ai apprécié la patience.

Ce qu’est le sommet

Le sommet du Ras Dashen, à 4 550 mètres, est marqué par un cairn et un poteau de bois portant une pancarte. La pancarte a été photographiée tant de fois par des gens qui ont mérité d’arriver ici qu’elle en est devenue un peu légendaire dans son caractère ordinaire. J’ai pris la photo obligatoire, puis je me suis assis du côté sous le vent du cairn et j’ai regardé.

L’Afrique, sous le Ras Dashen par temps clair, s’étend incroyablement loin. Au nord, l’escarpement du Simien court comme un mur. Au sud et à l’est, les hauts plateaux roulent vers d’autres hauts plateaux, crête après crête, s’estompant à travers des nuances de bleu avant de disparaître dans la brume. Il n’y a pas de mer d’ici, pas d’horizon plat — rien que davantage de terre, qui continue encore et encore, jusqu’à ce que l’atmosphère l’absorbe. L’échelle du continent africain, éprouvée depuis un point aussi haut, est quelque chose pour quoi je n’ai pas de mots utiles.

Le retour, qui est une affaire à part entière

La descente est plus éprouvante pour les genoux que la montée ne l’a été pour les poumons, et elle est plus longue que le souvenir le suggère. La haute vallée entre le Ras Dashen et le Bwahit est belle l’après-midi, quand les ombres s’allongent et que la lumière est horizontale, la roche changeant de couleur de minute en minute. Je me suis arrêté plus souvent à la descente qu’à la montée, en partie parce que mes jambes l’exigeaient et en partie parce que les vues vers l’ouest — par-dessus le plateau du Simien, l’escarpement visible jusqu’à Geech, tout le paysage incliné vers les basses terres — diffèrent des vues vers l’est du matin.

Le camp de Chenek, quand je l’ai atteint à quatre heures de l’après-midi, n’avait jamais paru aussi confortable. Le cuisinier avait fait une soupe. J’en ai mangé deux bols.

Une note sur l’engagement

Le Ras Dashen est une longue journée — douze à quinze heures aller-retour depuis Chenek, en haute altitude soutenue, sur un terrain accidenté. Cela exige un guide et un garde certifiés, un temps d’acclimatation suffisant (au minimum cinq jours sur la montagne) et une météo qui coopère. Ce n’est pas techniquement difficile selon les critères de l’alpinisme, mais l’altitude impose le respect. Venez préparé, partez tôt, et ne renoncez pas la veille du jour J.

Quand y aller : D’octobre à mars uniquement. De décembre à février, les conditions sont les plus stables et les journées de sommet les plus dégagées. Évitez complètement d’avril à septembre — la saison des pluies apporte la foudre, les nuages et un risque d’hypothermie à cette altitude. Réservez un guide auprès du quartier général du parc à Debark ; l’ascension en autonomie n’est pas autorisée.