Noss
"J'ai traversé jusqu'à Noss dans un canot pneumatique et j'ai compris aussitôt que c'était la bonne façon d'arriver dans un lieu extraordinaire."
Deux traversées vers le sauvage
Atteindre Noss exige une modeste série d’engagements. D’abord, on conduit ou on prend un bus de Lerwick jusqu’au terminal du ferry de Bressay — une traversée de six minutes à travers l’embouchure du port. Puis on conduit ou on marche les quatre kilomètres à travers Bressay jusqu’à la côte est. Ensuite, entre environ dix heures du matin et cinq heures de l’après-midi, les jours où le temps le permet (et seulement quand le temps le permet), un canot pneumatique vous fait franchir les cent mètres d’eau de la rive de Bressay jusqu’à Noss.
Le canot pneumatique est le détail qui convient. La traversée est trop courte pour être spectaculaire mais juste assez incertaine pour engager — on est, brièvement et définitivement, sur l’eau entre deux îles, et Noss, sur sa rive proche, vous montre déjà ses falaises. J’ai fait la traversée un matin où un vent léger semait de petits moutons sur le détroit. Le garde, côté Noss, a tiré le canot par une corde et m’a aidé à poser le pied sur une cale de pierre. Le bruit des oiseaux était déjà considérable.
Le Noup
La falaise orientale de Noss, appelée le Noup, s’élève à 181 mètres tout droit depuis la mer. Le grès est d’un brun rougeâtre et les parois sont colonisées du niveau de la mer jusqu’au sommet par les oiseaux de mer nicheurs, chaque espèce occupant une tranche verticale précise aussi fidèlement que les étages d’un immeuble. Les guillemots se tassent sur des corniches nues à la base, si serrés qu’ils semblent se soutenir les uns les autres. Les mouettes tridactyles nichent un peu plus haut sur de minuscules saillies. Les fous de Bassan occupent les sections supérieures, leurs corps blancs visibles à un kilomètre.
Il existe un circuit d’environ six kilomètres autour de l’île qui suit le bord de la falaise sur la majeure partie de sa longueur orientale. Le sentier des falaises n’a aucune barrière côté mer, les à-pics sont sérieux et le vent vient d’angles qui exigent de l’attention. Je me suis tenu plus loin du bord que je ne le fais d’ordinaire. Pas par peur exactement — par reconnaissance pratique du fait que les rafales au Noup ne préviennent pas.
Le bruit et l’odeur
Au plus fort de l’été, Noss accueille quelque soixante mille oiseaux de mer nicheurs. Le bruit à la falaise est continu et stratifié : les grognements des guillemots dans les basses fréquences, les cris des mouettes tridactyles dans le médium, le gargouillis des fous de Bassan par-dessus, et sous le tout le mouvement de la mer sur les rochers deux cents mètres plus bas. L’odeur est intense — sel, guano, poisson — et s’accroche aux vêtements longtemps après le départ.
Je me suis assis sur l’herbe du sommet pendant une heure, à déjeuner et à regarder les fous de Bassan travailler l’eau au large. Ils tournoient, calent, replient leurs ailes et tombent en ligne verticale, frappant la surface avec un impact visible depuis la falaise même sans jumelles. Ils remontent avec un poisson ou non, secouent l’eau de leurs ailes et recommencent. La répétition est complètement absorbante d’une manière qui n’exige aucune explication, et c’est ainsi que je sais qu’elle est réelle.
L’intérieur de l’île
Noss est aussi pâturée par des poneys shetland en été, entretenus par la gestion de la réserve naturelle dans le cadre de la pratique pastorale traditionnelle. L’intérieur de lande est moins spectaculaire que les falaises mais a son propre calme — basse bruyère et tourbière, labbes nicheurs dans les parties plates (apportez un chapeau), plongeons catmarin sur le lochan au centre de l’île. La marche prend deux à trois heures selon le rythme. Il n’y a aucune infrastructure sur l’île : apportez de l’eau, de la nourriture et des vêtements pour toutes les conditions météo.
Quand y aller : de mai à août uniquement, et seulement quand le canot fonctionne — consultez le site de NatureScot le matin de votre visite, car la traversée est annulée par gros temps. Le pic de la colonie de fous de Bassan se situe en juin-juillet. Arrivez au point d’embarquement du canot, côté Bressay, vers neuf heures et demie pour attraper la première traversée de la journée.