Pristine Red Sea coastline with desert mountains in the NEOM region of northwest Saudi Arabia
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NEOM

"Le futur est en construction. Le paysage, lui, est déjà là."

NEOM est à la fois une promesse et un endroit, et la tension entre les deux fait partie de ce qui rend la visite de cette région fascinante. Le méga-projet annoncé en 2017 envisage une ville-région de la taille de la Belgique le long de la côte nord-ouest de l’Arabie Saoudite sur la mer Rouge — The Line, une ville linéaire habillée de miroirs ; Trojena, un resort de montagne avec des pistes de ski ; Sindalah, un resort insulaire. Les rendus sont de la science-fiction traduite en plans architecturaux. La question de savoir si la vision complète se matérialisera un jour reste la plus surveillée du développement mondial. Mais ce qui est déjà là — le paysage que le projet entend remodeler — est extraordinaire à lui seul.

La région de NEOM autour de Sharma et du golfe d’Aqaba abrite certains des derniers récifs non explorés de la mer Rouge. Des décennies d’accès restreint — ce littoral a été une zone militaire pendant une grande partie de l’histoire moderne de l’Arabie Saoudite — ont préservé des systèmes coralliens que le tourisme a dégradés ailleurs. La visibilité est saisissante. Quarante mètres d’eau cristalline au-dessus de formations de coraux durs et mous que les biologistes marins décrivent comme les plus préservées de la mer Rouge septentrionale. J’ai fait du snorkeling depuis une plage sans nom, sans resort, sans panneau, et le récif à dix mètres du bord était plus intact que tout ce que j’ai vu à Charm el-Cheikh ou à Hurghada.

Pristine Red Sea coastline with clear turquoise water and desert mountains

Les montagnes derrière le littoral s’élèvent à plus de 2 500 mètres, et les wadis qui les traversent sont là où se cache l’histoire ancienne. Des pétroglyphes jalonnent les routes commerciales qui reliaient l’Arabie à l’Égypte et au Levant — des chameaux, des bouquetins et des figures humaines gravés par des mains qui comprenaient ce paysage comme un corridor, non comme une frontière. Les ruines du chemin de fer du Hedjaz traversent la région, stations et ponts de l’ère ottomane construits en basalte noir que le sable réclame lentement. Le contraste entre ces structures ottomanes en ruine et les rendus de The Line, épinglés sur des panneaux publicitaires le long des routes d’accès, saisit quelque chose d’essentiel sur l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui : un pays qui construit son avenir sur un paysage saturé de son passé.

L’accès est actuellement limité et en évolution — certaines zones nécessitent des permis, d’autres ont été ouvertes au tourisme, et la situation change suffisamment fréquemment pour que tout conseil spécifique risque d’être dépassé au moment où vous lirez ces lignes. Mais les atouts naturels — les récifs, les canyons, le littoral désertique — sont la constante sous l’ambition.

Desert mountains meeting the Red Sea coast in northwest Saudi Arabia

Quand y aller : D’octobre à avril pour un climat côtier et montagnard agréable. Le nord-ouest est plus frais et plus venteux que le reste de l’Arabie Saoudite. Vérifiez les conditions d’accès en vigueur avant de voyager — les règles relatives aux permis changent fréquemment.