Les lisses parois de grès rouge de l'amphithéâtre naturel El Anfiteatro brillant sous le soleil de l'après-midi dans la Quebrada de las Conchas
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Quebrada de las Conchas

"Quelqu'un chantait à l'intérieur d'El Anfiteatro quand je suis arrivé, testant simplement l'écho, et la gorge a transformé sa voix en quelque chose d'immense."

Le guide l’appelait une route panoramique et j’avais supposé que cela voulait dire agréable. Ce n’est pas agréable de la façon dont l’est un lac ou un jardin. C’est quelque chose de plus violent que ça — un argument géologique conduit à pleine voix sur cinquante kilomètres de canyon, le Río de las Conchas ayant passé plusieurs millions d’années à couper dans le grès jusqu’à exposer la stratigraphie complète de l’histoire de la Terre dans ces parois. J’ai conduit depuis Salta vers le sud, ce qui signifie qu’on entre dans la gorge sans préparation et que le paysage monte autour de soi d’une façon qui empêche constamment de progresser vers Cafayate.

La formation Los Castillos se dressant en tours rougeâtres empilées au-dessus du fond du canyon dans la lumière de l'après-midi

Les formations nommées sont le principe organisateur du canyon et chacune mérite son nom. Los Castillos — les Châteaux — sont une série de tours de grès empilées qui apparaissent au détour d’un virage et semblent genuinement construites, la stratification horizontale sur leurs faces comme des assises de maçonnerie. Je me suis arrêté ici et j’ai marché autour de leur base dans la chaleur de midi, touchant la roche, essayant de comprendre l’échelle. Los Colorados est un tronçon où les parois du canyon passent de rouille à écarlate sous le soleil direct, une couleur qui ne semble pas géologique, qui semble peinte. Puis El Anfiteatro : une vasque naturelle creusée dans la paroi de la falaise, cent mètres de large, avec des parois courbées lisses et une situation acoustique qui est, objectivement, inexplicable. Un couple français était arrivé juste avant moi et l’un d’eux chantait quelque chose — pas en représentation, juste pour tester — et le son a rempli la vasque et est revenu transformé, plus riche, d’une façon plus ample. Nous avons tous gardé un silence légèrement gêné après.

La Garganta del Diablo — la Gorge du Diable — est l’apothéose : un canyon en fente assez étroit pour qu’on doive se mettre de côté par endroits, les parois montant à pic des deux côtés, le ciel réduit à une bande de bleu directement au-dessus. L’air est plus frais à l’intérieur et la couleur de la roche vire au bordeaux plus sombre dans l’espace confiné. L’eau a fait ça — de l’eau qui n’existe plus qu’en très faible volume, la rivière coulant à une fraction de son débit historique. La preuve de ce dont elle était capable est partout dans la pierre.

La fente de La Garganta del Diablo avec ses parois bordeaux verticales se rétrécissant vers une bande de ciel au-dessus

La lumière dans ce canyon est la variable opérationnelle. À midi les couleurs s’aplatissent sous un soleil vertical et le canyon ressemble à un décor. En fin d’après-midi, avec le soleil à un angle oblique, les formations passent de la terracotta à l’ambre vers un rouge profond qui frôle le violet, et les ombres s’accumulent dans les formations avec une profondeur que les photographies saisissent mais ne peuvent pas rendre entièrement. J’ai fait la moitié nord du canyon le matin et les formations sud en fin d’après-midi, et cette division — non planifiée — s’est avérée exactement juste.

Quand y aller : Avril à novembre en saison sèche est la recommandation habituelle. La meilleure lumière est en automne (avril-mai) et au printemps (septembre-octobre) quand l’angle du soleil est plus bas. Noter que pendant la saison des pluies de janvier-février le canyon est accessible mais peut inonder rapidement — la route longe la rivière et des crues soudaines se produisent. Le brouillard matinal en hiver crée dans le canyon une atmosphère genuinement étrange qui vaut le froid.