Une allée ombragée à travers les Jardins botaniques de Kingstown, bordée de grands arbres tropicaux et d'une végétation dense
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Jardins botaniques de Kingstown

"Ce jardin est plus vieux que les États-Unis. Il a survécu à tous les empires qui ont tenté de le revendiquer."

Le plus ancien jardin botanique de l'hémisphère occidental, fondé en 1765, où pousse encore un descendant direct de l'arbre à pain original du capitaine Bligh.

J’avoue être allé aux Jardins botaniques en m’attendant à passer une agréable heure à l’ombre entre deux courses à Kingstown, et j’y ai finalement passé la majeure partie de mon après-midi, à suivre un guide nommé Fitzgerald qui considérait manifestement chaque plante de la propriété comme un ami personnel. Fondés en 1765 par le général Robert Melville, ce sont les plus anciens jardins botaniques de tout l’hémisphère occidental, créés comme station de recherche pour cultiver des épices et des plantes utiles rapportées de tout l’Empire britannique — un projet colonial, indéniablement, mais qui a laissé derrière lui quelque chose de véritablement remarquable.

L’arbre que tout le monde vient voir est un arbre à pain, noueux et aux branches lourdes, issu d’une bouture de l’arbre original apporté ici en 1793 par le capitaine William Bligh — oui, ce Bligh, celui de la mutinerie du Bounty — lors de sa deuxième tentative, moins mouvementée, de transplanter l’arbre à pain de Tahiti pour nourrir à moindre coût les esclaves des plantations caribéennes. Se tenir sous cet arbre, en connaissant toute l’étrange chaîne d’histoire maritime qui l’a amené ici, est un de ces moments où une plante devient un véritable artefact historique.

Le tronc noueux et les larges feuilles de l'arbre à pain descendant de l'importation originale du capitaine Bligh en 1793

Au-delà de l’arbre à pain, les jardins s’étendent sur sept hectares d’acajou, de teck et d’arbres en fleurs dont je n’aurais su nommer la moitié, traversés de sentiers qui montent doucement vers une petite volière. Cette volière abrite des perroquets vincentais — l’Amazona guildingii, que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre, un oiseau spectaculaire aux couleurs bronze et bleu qui a été chassé et piégé jusqu’à quasi disparition avant qu’un programme d’élevage en captivité ne le sauve. Le voir de près, même en captivité, en sachant à quel point il a frôlé la disparition totale, a changé ma façon de penser au reste des forêts de l’île.

Fitzgerald m’a montré un arbre boulet-de-canon, un corossolier, une douzaine de variétés d’hibiscus, et m’a raconté des histoires sur chacun avec la patience répétitive de quelqu’un qui aime vraiment son sujet et ne se soucie pas de l’avoir déjà raconté mille fois. Donnez un bon pourboire à votre guide ici. Le jardin fonctionne en partie grâce à cette bonne volonté.

Quand y aller : Le matin, avant que la chaleur de midi ne s’installe, et idéalement en semaine, quand les jardins sont plus calmes. Une visite guidée coûte très peu et en vaut chaque centime — n’essayez pas d’identifier l’arbre à pain par vous-même.