Grands palmiers dattiers en bordure de Douz, Tunisie, avec des dunes dorées commençant juste au-delà des dernières maisons
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Douz

"Douz, c'est là où la Tunisie s'épuise tranquillement et laisse le Sahara prendre le relais."

Douz se proclame la Porte du Sahara, et le slogan est pour une fois précis — la localité se trouve exactement là où la zone agricole du sud tunisien s’épuise complètement et le Grand Erg Oriental prend le relais. D’un côté de la ville, ce sont des jardins de palmiers dattiers et des canaux d’irrigation ; de l’autre, c’est du sable. La transition se produit au bout d’une rue particulière où les maisons s’arrêtent et les dunes reprennent simplement, comme si les deux choses avaient convenu d’une frontière et s’y tenaient.

Je suis arrivé depuis Tozeur en louage — les taxis collectifs qui font la route du sud — et suis arrivé en fin d’après-midi quand la lumière était déjà dorée et longue. La place principale a une fontaine avec un dromadaire. Le dromadaire ici n’est pas décoratif : Douz est depuis des siècles un centre d’élevage et de commerce de dromadaires, et le marché au bétail du jeudi est l’un des plus grands du pays. Je suis arrivé un jeudi et j’ai suivi le bruit jusqu’à l’espace du marché en bordure de la localité, où les animaux étaient attachés en longues files et les commerçants — en majorité des hommes en robes blanches ou grises avec des foulards à carreaux rouge et blanc — se déplaçaient entre eux avec des expressions de scepticisme professionnel.

Jardins de palmiers dattiers en bordure de Douz à l'heure dorée, le Sahara commençant au-delà du dernier rang d'arbres

Les dattes de la région de Douz sont extraordinaires. La Tunisie est l’un des principaux producteurs mondiaux de dattes, et la variété deglet nour cultivée ici — longue, translucide, de couleur miel, avec une douceur sèche qui s’approfondit quand on la mâche — est considérée parmi les meilleures du continent. Les ouvriers dattiers dans les jardins de palmiers escaladent les hauts troncs sans équipement, les pieds calés contre l’écorce, se déplaçant avec une efficacité désinvolte qui devient alarmante rapidement si on reste à regarder. La récolte court d’octobre à décembre, et l’air dans les jardins pendant ces semaines porte l’odeur chargée en sucre de fruits mûrs qui dorent au soleil.

Le désert lui-même commence à distance de marche. Les premières dunes — une série de modestes ondulations comparées à l’Erg Chebbi, mais tout aussi douces et orangées et totales — sont accessibles à pied depuis le bord de la localité. Le matin, avant que le soleil ne soit haut, le sable est suffisamment frais pour marcher pieds nus, et la surface conserve les empreintes nocturnes en parfait relief négatif. À midi, les dunes ont absorbé la chaleur et la marche est différente : plus chaude, plus lente, le sable assez mou et profond pour tirer sur les jambes à chaque pas.

Le marché au bétail du jeudi à Douz, files de dromadaires et commerçants en robes sous la lumière du matin

Le Festival du Sahara, tenu chaque année en décembre, transforme Douz pendant quatre jours en un rassemblement de cultures sahariennes : courses de dromadaires, courses de lévriers, poésie bédouine, musique traditionnelle de la région. Il attire la foule et perd de l’authenticité en proportion, mais reste fondamentalement ancré dans les gens et les traditions qu’il a été créé pour célébrer, et l’atmosphère le soir — feu, musique, odeur d’agneau rôti — est difficile à reproduire ailleurs.

Quand y aller : D’octobre à mars. Le marché du jeudi est un point fixe autour duquel vaut la peine d’organiser la visite. Décembre amène le Festival du Sahara et des températures plus fraîches mais aussi de la foule et une pression sur l’hébergement — réserver tôt si c’est votre créneau.