Historic Burg Gutenfels castle atop a hill overlooking autumn vineyards in the Rhine Valley

Europe

Vallée du Rhin

"Le Rhin est le seul fleuve d'Europe qui semble avoir été dessiné par un peintre romantique."

Je suis arrivé à Bacharach par le train depuis Francfort, et rien ne m’avait préparé au moment où les gorges s’ouvrent — le fleuve qui oblique vers le sud entre des parois de vignes en terrasses, et là-haut sur la crête, les ruines du château de Stahleck qui captent les dernières lueurs de l’après-midi. J’attendais du paysage. Ce que j’ai trouvé tenait davantage de l’hallucination. Ce tronçon du Rhin moyen, entre Bingen et Coblence, ne fait que soixante kilomètres de long, mais il concentre plus de drama visuel par kilomètre que presque n’importe quel endroit que j’aie parcouru en Europe. L’UNESCO lui a accordé le statut de Patrimoine mondial en 2002, ce qui semble bien le minimum.

Les châteaux sont l’attrait évident, mais le Riesling est la raison de rester. Les pentes d’ardoise du Mittelrhein — pauvres, abruptes, cultivées avec obstination — produisent des vins d’une minéralité tranchante qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Dans le village d’Oberwesel, j’ai bu un verre de Schiefer Riesling à une table surplombant le fleuve et mangé une assiette d’anguille fumée que l’aubergiste avait tirée de l’eau le matin même. L’accord était si précisément juste qu’il semblait presque chorégraphié. Les petits producteurs d’ici — contrairement aux noms de marque de la Moselle — serviront souvent directement à la barrique si vous frappez à la bonne porte. Demandez au Gasthaus, ils vous diront laquelle.

Le trafic fluvial est incessant : des barges chargées de granulats filant vers le sud, des bateaux touristiques qui font le tronçon de la Loreleï avec un commentaire en quatre langues. Ce que les bateaux ne racontent pas, c’est que les villes médiévales égrainées sur les berges — Boppard, St. Goar, Kaub avec son absurde château péager planté sur un rocher au milieu du fleuve — sont des endroits véritablement habités, pas des musées à ciel ouvert. Les maisons à colombages sont les foyers de vraies gens. Les vignobles sont le gagne-pain de quelqu’un. Marchez le sentier Rheinsteig entre les villages au crépuscule, quand les excursionnistes de la journée sont rentrés à Cologne, et la vallée retrouve quelque chose de plus ancien et de plus silencieux.

Quand y aller : Fin septembre à mi-octobre pour les vendanges — les vignobles virent à l’or et le Federweisser coule à flots. Mai et juin pour les longues journées et les sentiers déserts. Évitez juillet et août, quand les croisières sur le Rhin déversent des milliers de visiteurs sur les mêmes quais étroits.

Ce que la plupart des guides ratent : Ils traitent la Vallée du Rhin comme une excursion d’une journée depuis Francfort ou Cologne, ce qui est exactement la façon de la manquer. L’endroit ne se révèle que lentement, à vitesse de marche, sur deux ou trois jours minimum. Réservez une chambre à Bacharach ou Oberwesel, mangez où mangent les locaux, et laissez le rythme du fleuve dicter le tempo. Le rocher de la Loreleï n’est pas l’essentiel. Le verre de Riesling au crépuscule, oui.