Le lagon turquoise de la plage de Boucan Canot vu depuis une petite falaise à l'heure dorée, quelques surfeurs dans les hauts-fonds et des montagnes volcaniques s'élevant à l'arrière-plan
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Saint-Gilles-les-Bains

"Le lagon a la couleur d'une piscine, sauf qu'il était là le premier."

Je suis venu à Saint-Gilles en m’attendant à être déçu. Les stations balnéaires des départements français d’outre-mer ont souvent l’air de vouloir être à la fois les Caraïbes et la Côte d’Azur, sans réussir ni l’un ni l’autre. Saint-Gilles parvient à quelque chose de différent : la ville est authentiquement réunionnaise, ce qui veut dire océan Indien plutôt qu’Atlantique, créole plutôt que métropolitain, avec un port de pêche qui fonctionne toujours à côté de la marina et un marché aux primeurs qui ne joue pas l’authenticité pour les touristes.

La plage de L’Hermitage, juste au sud du cœur de la station, longe un lagon de récif barrière. L’eau y est peu profonde, improbablement turquoise et protégée des requins par le récif lui-même — détail qui n’est pas mince sur une île où les attaques de requins ont fait les gros titres ces dernières années. Des familles, des plongeurs en apnée, des débutants sur des stand-up paddles. J’ai passé une matinée à ne rien faire de particulier au bord de l’eau, sans culpabiliser.

Le port et ce qu’il vend

Le port de pêche de Saint-Gilles est l’endroit où je suis allé le lendemain matin de mon arrivée. Les bateaux rentrent tôt et, dès sept heures, des glacières de thon, de wahoo et de cabot sont étalées sur le quai. Une partie de la pêche part directement vers les roulottes — ces camions qui se garent le long du front de mer le soir et servent des assiettes de poisson grillé avec du riz et de la sauce rougail pour moins cher que n’importe quel restaurant en ville.

J’ai mangé dans une roulotte trois des quatre soirs où j’étais là. Le système est simple : vous choisissez votre poisson en le désignant du doigt, il est grillé au charbon de bois pendant que vous attendez, et il arrive sur un plateau métallique avec des condiments que vous ajoutez vous-même. La file pour la meilleure avance lentement et personne ne s’en plaint. Les gens apportent leur propre vin du supermarché. À dix heures les roulottes ferment et les bars de la ville prennent le relais, ce que j’ai surtout observé à distance.

Le récif en apnée

Le récif de L’Hermitage et de Saint-Gilles est une réserve marine et offre l’un des sites de snorkeling sur corail les plus accessibles que j’aie trouvés où que ce soit. Pas besoin de bateau — vous entrez depuis la plage de L’Hermitage jusqu’à ce que l’eau atteigne la poitrine, vous rabattez le masque, et vous voilà aussitôt au-dessus des poissons-perroquets, des sergents-majors, des balistes et de tortues de mer occasionnelles glissant à travers les herbiers. Le corail est blanchi par endroits, sous l’effet des épisodes de réchauffement, mais la densité de poissons reste élevée.

J’ai loué l’équipement dans une boutique de la route de la plage pour sept euros la journée. À marée basse, il faut faire attention à ne pas marcher sur le corail — l’eau devient vite peu profonde et j’ai passé l’essentiel de mon temps à l’horizontale. Au bout d’une heure, j’ai refait surface pour trouver un groupe d’écoliers faisant la même chose, avec un enseignant qui comptait les têtes toutes les quelques minutes. Ça ressemblait au bon genre de sortie scolaire.

Manger vers le nord et vers le sud

Saint-Gilles se trouve à peu près à mi-chemin le long de la côte ouest, ce qui en fait une base utile pour des excursions au nord vers l’énorme marché du vendredi de Saint-Paul et au sud vers le spot de surf de Saint-Leu et la route en haut des falaises au-dessus d’Étang-Salé. La route principale qui longe la côte est rapide et bien balisée. Lia et moi avons loué une voiture pour trois jours et constaté que la plupart des endroits qui méritent le détour sur cette côte se trouvaient à moins de quarante minutes.

Le restaurant où je retournerais sans hésiter : un petit établissement créole dans une rue adjacente près du port, tenu par un homme qui prépare un cari cabri — un curry de cabri — qui a mis la majeure partie de l’après-midi à réduire. Je lui ai demandé quand il avait commencé à le cuisiner. Il m’a répondu mardi. On était jeudi.

Quand y aller : La côte ouest reste plus sèche que le reste de La Réunion toute l’année, mais la période idéale va de mai à novembre. L’hiver austral (juin-août) apporte des températures plus fraîches — un temps à pull le soir — et presque pas de pluie. Évitez février et mars, quand la saison cyclonique culmine et que certaines plages ferment par intermittence.