Le Palais de la Ville d'Udaipur s'élevant blanc et doré au-dessus des eaux cristallines du lac Pichola à l'aube, avec le Lake Palace visible au milieu de l'eau
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Udaipur

"Le Palais de la Ville à l'aube depuis une barque sur Pichola — certaines vues vous donnent l'impression de tomber dans un tableau qui n'a pas encore séché."

Un batelier m’a emmené sur le lac Pichola à six heures du matin et toute la ville est apparue lentement, comme une photographie qui se développe. Le Palais de la Ville s’élevait depuis la rive est en terrasses étagées de pierre blanche et jaune miel, sa silhouette reflétée avec une précision presque photographique dans l’eau en dessous. Pas un souffle de vent. Le Lake Palace — un bâtiment de marbre façon pièce montée échoué au milieu du lac — est apparu progressivement à travers la brume matinale. J’avais vu des photographies de cette vue tellement de fois que je m’attendais à moitié à être déçu. Je ne l’ai pas été. Il y a une qualité particulière dans la lumière d’Udaipur à ces heures matinales, laiteuse et diffuse, qui rend tout plus doux que ça ne devrait l’être pour une ville faite essentiellement de pierre.

Le lac Pichola à l'aube avec les terrasses du Palais de la Ville parfaitement reflétées dans l'eau immobile, une barque en bois au premier plan

La vieille ville serrée contre la rive est du lac est un monde très différent des vues lacustres. Les ruelles autour du temple Jagdish — un temple de Vishnu du XVIIe siècle en haut d’une volée de cinquante marches raides — sont denses de marchands de cuivre, d’étals de fleurs, de boutiques de tissus où des rouleaux de tissu imprimé s’appuient contre les encadrements de portes. Les odeurs changent tous les dix mètres : l’encens laisse place aux soucis frais qui laissent place à l’huile tiède d’un chariot de street food. Le temple est toujours animé, les chants audibles depuis la rue en contrebas, un rythme que le reste du quartier semble absorber et réémettre. J’y suis entré deux fois et j’ai ressenti la même chose les deux fois — une sorte de dévotion organisée qui paraissait entièrement spontanée vue de l’extérieur.

En dehors des remparts de la ville vers le nord, Saheliyon Ki Bari — le Jardin des Servantes — a été construit pour les dames royales de la cour et constitue une anomalie au Rajasthan : un jardin conçu autour de l’eau et de l’ombre plutôt que d’une position militaire ou d’une architecture religieuse. Des éléphants de marbre se tiennent aux angles du bassin central, des fontaines en forme de lotus bordent les allées, et en fin d’après-midi l’endroit se remplit de familles, de couples et d’enfants qui le traitent exactement pour ce qu’il est : un beau jardin dans une ville chaude, qui mérite la visite pour aucune raison plus compliquée que cela.

Les fontaines de marbre ornées et les bassins de lotus du jardin Saheliyon Ki Bari sous la lumière dorée de l'après-midi

Les soirées à Udaipur appartiennent au Ghat Ambrai, où des embarcations flottent amarrées à des anneaux de fer et les tables des restaurants s’étendent presque jusqu’au bord de l’eau. J’ai mangé du poisson grillé du lac et du dal makhani en regardant le Palais de la Ville s’illuminer à la tombée de la nuit. C’est l’un de ces dîners qui n’a rien de techniquement extraordinaire et qui reste pourtant en mémoire simplement parce que le décor était déraisonnablement beau.

Quand y aller : D’octobre à mars est la fenêtre confortable. La mousson (de juillet à septembre) remplit le lac à ras bord et teint les collines environnantes d’un vert électrique — magnifique si la pluie ne vous dérange pas, et la ville est alors bien moins fréquentée. Évitez avril et mai quand la chaleur s’installe pour de bon.