Alentejo
"L'intérieur du Portugal, où le rythme ralentit jusqu'à quelque chose qui s'approche du géologique."
L’Alentejo couvre environ un tiers du Portugal — tout ce qui se trouve au sud du Tage et au nord de l’Algarve — et renferme certains des paysages les plus beaux, les moins visités et les plus gratifiants du sud de l’Europe. C’est une région de forêts de chênes-lièges (le Portugal produit la moitié du liège mondial), d’oliveraies, de villages blanchis à la chaux perchés sur des collines, et d’un littoral protégé du développement qui a englouti l’Algarve.
L’intérieur s’articule autour de bourgs comme Monsaraz — un village médiéval fortifié sur une crête dominant le lac de barrage d’Alqueva, le plus grand lac artificiel d’Europe. Les remparts du château, les rues pavées, la vue au coucher du soleil : tout est extraordinaire, tout est presque vide. Évora, la capitale régionale, est une ville classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO avec un temple romain, une cathédrale gothique et la Capela dos Ossos — une chapelle tapissée des ossements de 5 000 moines, que l’on trouve macabre ou sublime selon ses dispositions.
La côte — le Parc naturel Vicentina — est le plus grand trésor de l’Alentejo. Des falaises sauvages sculptées par le vent qui plongent vers de vastes plages désertes. Praia do Malhão, Praia da Samoqueira, Praia dos Alteirinhos — chacune accessible par des pistes en terre et de courtes marches à travers le maquis. Pas de transats à louer. Pas de bars de plage. Juste du sable, le vent atlantique et cette nuance de bleu particulière que prend la côte portugaise sous la lumière de l’après-midi.
Le vin connaît son heure de gloire. Les rouges de l’Alentejo sont corsés et terreux, faits pour la cuisine locale de porc braisé et de plats à base de pain. Herdade do Esporão, près de Reguengos, est le domaine à visiter — immense, magnifique, avec un restaurant qui prend au sérieux la cuisine paysanne de la région.
Quand y aller : D’avril à juin ou de septembre à octobre. Juillet et août sont chauds dans les terres — vraiment, impitoyablement chauds. La côte est plus fraîche mais le vent peut être violent.