Les maisons de bois colorées du vieux Lunenburg dégringolant en cascade le long de la colline jusqu'au port par une journée dégagée
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Lunenburg

"Le Bluenose II est amarré ici quand il n'est pas en mer, et j'en ai fait le tour deux fois avant de m'en rendre compte."

J’ai franchi la colline sur la route venant de Bridgewater et la ville est apparue en contrebas comme un argument en faveur de la couleur — maisons rouges, maisons jaunes, maisons vertes, encadrements bleu profond, toutes grimpant la crête depuis le port en une cascade qui semblait à la fois victorienne et presque scandinave. Lunenburg est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO et elle a mérité cette distinction non par la conservation mais par une sorte d’accord collectif entre ses habitants pour continuer à construire et à peindre comme l’ont fait leurs ancêtres protestants allemands à leur arrivée en 1753. Le résultat est la plus belle petite ville de la côte atlantique, elle le sait, et on lui pardonne de le savoir parce que la chose elle-même est véritablement extraordinaire.

Les maisons de bois colorées du patrimoine de Lunenburg tombant en cascade jusqu'au front de mer actif

Le Musée des pêcheries de l’Atlantique se trouve sur le front de mer et c’est l’un de ces musées qui fait passer trois heures pour trente minutes. Les expositions sur la pêche à la morue du Grand Banc — les doris, les palangres, les photographies d’hommes tirant des filets couverts de glace à quatre heures du matin — ont le poids particulier d’une industrie qui s’est détruite par son propre succès. Au sous-sol, on peut traverser une goélette de banc restaurée et comprendre comment des hommes vivaient en mer pendant des semaines dans des espaces guère plus grands qu’une grande armoire. Le Bluenose II, la réplique de la célèbre goélette de course de Nouvelle-Écosse, est parfois amarré ici quand il n’est pas en tournée — un bâtiment en bois de 43 mètres d’une telle élégance que j’en ai fait le tour deux fois avant de m’en apercevoir.

La cuisine à Lunenburg est sans prétention et excellente. La saucisse de Lunenburg est une institution locale — une saucisse fumée dense et très épicée d’origine allemande que l’on peut acheter chez le poissonnier sous vide ou commander dans n’importe quel restaurant de la ville, généralement avec des œufs et du pain de seigle grillé. Le Solomon Gundy — hareng mariné avec des oignons — figure sur tous les menus et récompense les aventuriers. Le fumoir sur la route du port fait du finnan haddie, de l’aiglefin fumé qui goûte comme s’il avait été inventé spécialement pour être mangé avec une tasse de thé fort par un matin gris, ce qui est le cas la plupart des matins ici. Le soir, les restaurants de la rue Montague se remplissent de pêcheurs locaux et de marins de passage, et les conversations tendent vers l’océan.

La goélette Bluenose II amarrée au port de Lunenburg avec les bâtiments historiques colorés bordant le front de mer derrière

L’architecture récompense l’attention prolongée. Le “Lunenburg bump” — la lucarne pentagonale qui dépasse du deuxième étage des maisons les plus anciennes — est une idiosyncrasie locale qui apparaît sur des dizaines de bâtiments, et parcourir les rues à la recherche de ses variations est une excellente façon de passer une matinée tranquille. Les combinaisons de couleurs ne sont pas accidentelles : les colons d’origine ont apporté avec eux des traditions chromatiques germaniques, et les générations successives les ont actualisées plutôt qu’abandonnées.

Quand y aller : De juin à septembre offre le meilleur temps et la ville dans toute son animation. Le Folk Harbour Festival en août attire des musiciens de toutes les provinces maritimes et transforme le front de mer en un week-end de sessions tardives inattendues. Septembre est plus calme mais très agréable — les cars touristiques se raréfient et on peut déambuler dans les rues à son propre rythme.