Amériques
Montana
"Je me suis arrêté sur la Going-to-the-Sun Road et je suis resté là, complètement défait."
Je ne m’attendais pas à ce que le Montana soit une expérience émotionnelle. Je conduisais depuis des heures depuis Missoula, montant lentement à travers des forêts de pins lodgepole le long de la Going-to-the-Sun Road, quand la vallée s’est ouverte devant moi et j’ai compris ce que “big sky country” signifie vraiment — non pas un slogan, non pas une métaphore, mais le fait physique et littéral d’un horizon si dégagé qu’il se courbe. L’échelle ici fonctionne autrement que tout ce que j’ai connu dans les Alpes ou la Sierra Nevada. Le Parc national de Glacier n’est pas seulement dramatique à regarder ; il vous fait vous sentir petit d’une façon qui met quelques heures à se dissiper.
Le parc compte plus de deux cents lacs nommés, et la plupart des gens en voient un ou deux depuis la route et considèrent la visite terminée. C’est la version écran de veille. Le vrai Montana se révèle à pied : sept kilomètres à travers des prairies subalpines jusqu’au Glacier Grinnell, où la glace est bleue d’une manière qui semble presque artificielle ; le sentier vers Hidden Lake au Logan Pass où les bouquetins des Rocheuses passent à hauteur de genoux sans se soucier de vous ; le côté est du parc à Two Medicine, qui reçoit une fraction des visiteurs et conserve la qualité d’un endroit véritablement reculé. En septembre, une fois les foules estivales dissipées et avant les premières neiges sérieuses, tout prend des teintes d’ambre et de cuivre, et la lumière devient dorée dès quatre heures de l’après-midi. C’est ça, le Montana.
Les villes méritent aussi qu’on s’y attarde. Whitefish est une station de ski qui réussit à ne pas être insupportable pour autant — une vraie rue principale avec un bon resto de tacos et un bar où des éleveurs de ranch et des snowboarders partagent les mêmes tabourets. Kalispell a un marché fermier en été avec des cerises flathead qui ont le goût de quelque chose qu’un grand-père français aurait cultivé. À Browning, sur la Nation Blackfeet, le Musée de l’Indien des Plaines raconte une version de l’histoire de ce paysage que les panneaux interprétatifs du parc national évitent soigneusement.
Quand y aller : De mi-juin à mi-septembre pour l’accès complet aux routes et sentiers de Glacier. La Going-to-the-Sun Road n’ouvre pas entièrement avant fin juin certaines années. Septembre est le meilleur mois — moins de foule, les couleurs d’automne qui commencent, la faune qui descend vers les basses altitudes. Éviter absolument le week-end du 4 juillet.
Ce que la plupart des guides ratent : Ils vous disent de réserver un hébergement dans le parc et de passer tout votre séjour sur l’unique route que tout le monde emprunte. Le côté est de Glacier — le corridor Blackfeet, Two Medicine, Cut Bank — est plus sauvage et presque vide. Et le voisin moins connu du parc, la Wilderness Bob Marshall au sud, n’a aucune route. Si vous voulez vraiment vous retrouver seul dans ce paysage plutôt que photographier une montagne depuis la vitre d’une voiture, c’est là qu’il faut aller.