La large plage de sable de la baie de Mellieħa s'incurvant le long d'une eau turquoise calme, la ville de Mellieħa s'élevant sur la colline derrière
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Mellieħa

"Malte réussit très bien les falaises de calcaire et l'histoire. Elle ne fait qu'une seule vraie plage, ici, à la pointe nord."

Malte n’est pas avant tout un pays de plages. L’île a un littoral spectaculaire, des criques rocheuses et une mer qui oscille entre le vert et le bleu selon la profondeur, mais les plages de sable y sont rares et la plupart sont courtes. Mellieħa fait exception — la baie de Għadira s’étire sur près d’un kilomètre en un long arc abrité, assez peu profond pour qu’on marche cent mètres en avant en n’ayant toujours de l’eau qu’à la taille, et assez large, au cœur de l’été, pour absorber un nombre véritablement important de gens sans devenir insupportable. C’est aussi, selon les critères maltais, un lieu reculé : la pointe nord de l’île, près du ferry qui traverse vers Gozo, avec un rythme différent de celui de La Valette ou de Sliema.

La ville au-dessus

Mellieħa, la ville, est posée sur une crête au-dessus de la plage, accessible par une route raide que la plupart des gens prennent en voiture et que j’ai gravie à pied une fois, arrivant en haut trempé de sueur à travers ma chemise à 9 h du matin. La récompense, c’est le Sanctuaire de Notre-Dame de Mellieħa, creusé dans la roche vive du sommet — l’un des plus anciens sanctuaires mariaux du monde, encore activement fréquenté, encore tendu des offrandes votives (béquilles, robes de mariée, photographies, maquettes de navires) que les gens y déposent depuis l’époque médiévale. La combinaison de la chapelle troglodyte et de cette gratitude humaine accumulée produit une atmosphère particulière que je trouve difficile à décrire : très ancienne, très sincère, sentant la cire de bougie et la pierre.

La rue principale a le commerce lent d’une ville qui ne se presse pas — des boulangeries, quelques restaurants, une quincaillerie qui semble vendre un exemplaire de tout. J’ai mangé des pastizzi dans un endroit sans chaises, debout à un comptoir, en regardant une femme les façonner à la main : ceux à la ricotta, doux et tendres ; ceux à la purée de pois, qui sonnent pire qu’ils ne sont.

La plage elle-même

Għadira est familiale comme seules peuvent l’être les baies sablonneuses, peu profondes et calmes. L’eau est claire mais pas du bleu spectaculaire du sud — elle court en vert-turquoise sur le sable, une eau de plage honnête plutôt qu’une eau de carte postale. Il y a de l’ombre à l’extrémité nord, là où les tamaris poussent près des dunes, et une zone humide protégée derrière la plage où les échassiers font halte lors de la migration de printemps et d’automne. Je ne m’attendais pas à un observatoire à oiseaux au bord d’une plage maltaise. Je suis content qu’il existe.

La Tour Rouge et les promontoires

Au nord de Mellieħa, l’île se rétrécit en un mince corridor de terre appelé la crête de Marfa. La Tour Rouge — une fortification trapue, d’un rouge profond, bâtie par les Chevaliers en 1649 — se dresse au point le plus haut et offre la vue la plus dégagée de Malte : Gozo de l’autre côté du chenal au nord, Comino entre les deux, et toute la longueur de Malte s’étirant vers le sud. La tour est généralement ouverte et la marche depuis la route prend quinze minutes. D’ici, on aperçoit aussi le port de ferry de Ċirkewwa, où le ferry de Gozo embarque, et la calotte plate de terre qui devient la plage en contrebas.

Notes pratiques

Les lignes de bus du nord au départ de La Valette mettent environ une heure et desservent à la fois la plage et la ville. En été, la plage se remplit dès 10 h ; en demi-saison, on peut en avoir de longs tronçons pour soi seul. Le Popeye Village — un décor de la comédie musicale de 1980, devenu on ne sait comment une attraction touristique — est tout proche et entièrement facultatif.

Quand y aller : De mai à octobre pour la baignade ; juin et septembre sont idéaux, en évitant la cohue d’août. Le printemps est excellent pour l’observation des oiseaux de la zone humide et pour parcourir les promontoires de Marfa sans la chaleur. Le sanctuaire vaut la visite en toute saison.