Collines volcaniques d'un vert intense dans la caldeira du mont Aso sous un large ciel bleu, Kyushu, Japon

Asie

Kyushu

"Le Japon que j'ai trouvé quand j'ai arrêté de suivre l'itinéraire que tout le monde recommande."

Je suis arrivé à Kyushu en shinkansen depuis Osaka, et en moins d’une heure j’ai compris pourquoi les Japonais de l’archipel principal parlent de cette île comme les Parisiens parlent du sud de la France — avec un mélange d’affection et de condescendance légère qui dissimule mal l’envie. Kyushu est plus chaud, plus lent, et moins soucieux de vous impressionner. Le ramen y est plus riche, le saké plus doux, et les gens vous adressent la parole spontanément, ce qui arrive rarement à Tokyo. Je suis descendu à Hakata, la gare principale de Fukuoka, et la première chose que j’ai faite, c’est suivre mon nez jusqu’à un petit stand yatai sous le pont pour manger un ramen tonkotsu à onze heures du matin sans le moindre remords.

La géographie de l’île fait une grande partie du travail narratif. Le mont Aso, la plus grande caldeira active du monde, trône au centre de l’île comme un rappel que rien de tout cela n’est permanent — les pentes vertes remontent avec une douceur impossible jusqu’au bord du cratère, qui ferme parfois l’accès quand les niveaux de soufre montent trop. J’ai marché jusqu’au bord un matin dégagé, le vent cinglant, le cratère en contrebas exhalant une fine colonne de fumée blanche. C’est le genre de paysage qui recalibre votre sens de l’échelle. Puis, à une heure de route, Kurokawa Onsen — un village thermal si soigneusement préservé qu’il semble exister hors du temps, avec des ryokan en bois nichés dans une gorge fluviale et des bains extérieurs creusés dans la roche. On achète un laissez-passer en bois et on passe la journée à déambuler d’un onsen à l’autre. Je suis resté jusqu’à ce que ma peau soit rose et la lumière orange.

À l’ouest, Nagasaki est une ville qui porte son histoire à découvert — le Parc de la Paix, la cathédrale d’Urakami, la stèle de l’épicentre posée discrètement dans une petite place. Ce n’est pas un endroit lourd, malgré tout. Les Portugais et les Hollandais ont laissé des traces dans l’architecture et la cuisine : le gâteau castella, la soupe de nouilles champon, les anciennes maisons de commerce de l’île Dejima. J’ai déjeuné dans un petit restaurant où la patronne, une femme d’une soixantaine d’années, m’a expliqué chaque plat avant que je le mange, que je comprenne ou non.

Quand y aller : De fin octobre à novembre pour un temps agréable et les couleurs d’automne, sans la foule de Kyoto. Mars et avril amènent les cerisiers en fleurs dans des endroits comme le château de Kumamoto, que l’on visite presque sans monde. L’été est chaud et humide — l’humidité volcanique a un caractère bien à elle — mais les festivals valent le déplacement. Évitez la mi-août si vous ne supportez pas la chaleur.

Ce que la plupart des guides ratent : Ils traitent Kyushu comme une excursion depuis Osaka ou une case à cocher sur un circuit japonais. L’île mérite une semaine entière, au minimum. Les distances entre les sites sont réelles, l’expérience des ryokan y est plus accessible et moins mise en scène qu’à Kyoto, et la gastronomie — le ramen de Fukuoka, le sashimi de cheval de Kumamoto, le porc noir de Kagoshima, le citron kabosu d’Oita sur absolument tout — est à elle seule une raison suffisante pour faire le voyage.