Un skieur taillant dans la neige poudreuse jusqu'à la taille sur une piste boisée à Niseko avec le cône parfait du mont Yotei visible à travers les arbres
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Niseko

"Le premier virage dans la poudreuse de Hokkaido et on comprend immédiatement pourquoi les gens font douze heures de vol pour ça."

Le télésiège du Grand Hirafu était en marche à 7h30 du matin et j’étais dessus seul, ou presque seul, montant à travers des bouleaux tellement chargés de neige qu’ils se courbaient en arches au-dessus de la piste. En dessous de moi, la pente intacte avait cette qualité bleu-gris que la neige fraîche possède dans la faible lumière. En haut, je me suis arrêté. Le mont Yotei était directement devant moi, à vingt kilomètres au sud, un stratovolcan dormant d’une symétrie conique presque parfaite. La montagne se dresse en isolement, sans voisins, sans contreforts encombrant sa base, juste ce seul triangle blanc contre un ciel vide. J’ai skié dans les Alpes, dans les Rocheuses, dans les Pyrénées. Rien n’avait jamais mis une montagne dans mon champ de vision comme ça. Puis je me suis lancé dans la poudreuse et j’ai cessé de penser à quoi que ce soit d’autre.

Un skieur solitaire traçant les premières pistes dans la poudreuse profonde intacte par un matin ensoleillé à Niseko avec des bouleaux chargés de neige

La particularité de la poudreuse de Niseko — ce qui fait voyager les obsédés du ski à travers le monde — c’est sa teneur en humidité, ou plutôt son absence. L’air froid venant de Sibérie à travers la mer du Japon prive la neige de son humidité avant qu’elle n’atteigne Hokkaido, et ce qui tombe sur ces montagnes est si sec et si léger qu’il se comprime à presque rien sous les pieds. On enfonce la main dans un mètre de neige et on ressent presque aucune résistance. Quand on skie à travers, la neige jaillit au-delà de la taille, de la poitrine, sur le visage. Ça semble théâtral. C’est théâtral. La physique en est simplement différente de partout ailleurs où j’ai skié, et la sensation de nager à travers une montagne au ralenti n’a jamais tout à fait cessé d’être extraordinaire pendant la semaine que j’y ai passée.

Niseko n’est pas un secret. Le complexe de la station — quatre domaines skiables interconnectés sur le versant nord du mont Niseko-Annupuri — attire d’énormes quantités de visiteurs australiens et de Hong Kong qui ont découvert la poudreuse, et le village de base a évolué en conséquence : restaurants internationaux, magasins de location fonctionnant en anglais et en mandarin, épiceries stockant du Vegemite. J’ai d’abord trouvé cela légèrement déconcertant, puis j’ai cessé de m’en préoccuper. Le ski est tellement bon que l’infrastructure autour de lui semble sans importance. Ce à quoi on revient, après chaque descente, c’est cette neige.

Vapeur s'élevant d'un bain rotemburo extérieur dans un ryokan de Niseko, neige tombant dans l'obscurité au-delà de la clôture en bois

L’autre chose que Niseko offre, qui ne nécessite aucune compétence et aucun équipement, c’est la source thermale. La zone repose sur un sol volcanique et les ryokan et hôtels pompent de l’eau d’onsen naturelle dans leurs bains. Après une journée de ski, la routine devient précise : skier jusqu’à ce que les jambes soient liquides, manger du ramen au chalet au pied du téléphérique, marcher par la nuit froide jusqu’à son ryokan, se plonger dans un rotemburo extérieur tandis que la neige tombe sur les cheveux et que la vapeur forme un nuage privé tout autour. J’ai fait ça six nuits de suite et j’aurais pu le faire soixante.

En été, Niseko devient quelque chose d’entièrement différent : sentiers de randonnée à travers des prairies de fleurs sauvages, rafting sur le Shiribetsu, itinéraires cyclistes avec vues sur les montagnes. Moins de gens y viennent alors, ce qui est soit un inconvénient, soit le but, selon son tempérament.

Quand y aller : De fin décembre à mars pour le ski — janvier et février offrent la poudreuse la plus profonde et les conditions les plus fiables. Mars est plus calme et souvent ensoleillé, bon pour le ski de printemps. Juillet et août pour la randonnée et le rafting estivaux. Éviter mai et novembre quand l’infrastructure de la station est entre deux saisons.