La façade dorée en latérite de la Basilique du Bon Jésus à Old Goa rougeoyant sous le soleil de l'après-midi, entourée d'arbres verts
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Old Goa

"Cinq cents ans d'empire compressés dans un seul après-midi, et le silence avale encore tout."

Je suis arrivé à Old Goa de la mauvaise façon, c’est-à-dire en car de tourisme, serré entre une famille de Pune qui mangeait des chakli et un guide avec un parapluie plastifié. Le guide nous arrêta d’abord à la Cathédrale Sé et lut depuis une fiche plastifiée à propos de la Cloche d’Or. Je cessai d’écouter vers la troisième phrase et me tins simplement à l’intérieur de la cathédrale à la place, dans la fraîcheur et la pénombre, à regarder la lumière entrer par les hautes fenêtres sur les dalles. L’église est immense — la plus grande construite en Asie par des Européens, dit le guide à un moment — et dans la lumière de l’après-midi elle a la qualité d’une respiration retenue.

Mais c’est à la Basilique du Bon Jésus que je suis resté le plus longtemps. La façade ici est plus sobre que la grandeur blanchie à la chaux de la Cathédrale Sé — c’est de la pierre latérite et de la brique, légèrement rosée au soleil, et l’intérieur abrite le cercueil d’argent qui contient les restes mortels de François Xavier, le saint jésuite arrivé à Goa en 1542 et dont le corps, incorruptible pendant des décennies après sa mort, devint l’une des grandes reliques du monde catholique. Tous les dix ans, le cercueil est descendu et ouvert à la vénération publique. Je n’étais pas là lors d’une de ces occasions. Je me tenais sous le reliquaire et regardais vers le haut le retable doré baroque derrière l’autel — tout or tourmenté, chérubins, colonnes — et je ressentais le poids de ce qu’avait été cet endroit : la capitale de l’Estado da India, l’empire asiatique du Portugal, une ville de 75 000 habitants au XVIe siècle quand Londres en avait à peine la moitié.

L'intérieur baroque doré de la Basilique du Bon Jésus avec son retable ornemental et son reliquaire en argent

La jungle reconquiert Old Goa depuis des siècles. La ville fut abandonnée après la peste et l’envasement du fleuve Mandovi au XVIIIe siècle, et maintenant ce qui reste est éparpillé dans la forêt — des églises surgissant des arbres, leurs murs de latérite verts de mousse, leurs intérieurs frais et habités par des chauves-souris. J’ai marché entre elles un après-midi où la plupart des groupes de touristes étaient partis et le site était presque vide. Le Musée Archéologique est niché dans l’ancien couvent Saint-François d’Assise, et sa cour — où des pierres tombales portugaises s’appuient contre les murs et un grand arbre solitaire pousse en son centre — possède la qualité d’un endroit où le temps s’est déposé comme de la poussière sur chaque surface.

Il y a dans Old Goa une qualité particulière de mélancolie que je n’avais pas anticipée. Ce n’est pas triste, exactement. C’est plutôt le sentiment de se tenir dans le squelette de quelque chose qui fut autrefois immense. L’arche du Vice-Roi, encore debout sur la rive du fleuve, porte une inscription demandant à ceux qui partaient pour le Portugal de se souvenir de la terre qui les avait faits. La plupart d’entre eux ne revinrent jamais.

Murs de latérite couverts de mousse et arbres tropicaux entourant une petite chapelle dans les forêts d'Old Goa

J’y retournai une deuxième fois, seul, en moto, avant le lever du soleil. Les églises émergent différemment dans la lumière matinale — l’or de la latérite captant le rose, le blanc de la Cathédrale virant au presque violet. Deux prêtres marchaient entre la Basilique et la Cathédrale, plongés en conversation, leurs soutanes blanches captant la brume du matin. Un groupe de femmes disposait des fleurs à un sanctuaire au bord de la route. Les oiseaux faisaient un vacarme extraordinaire. Pendant une vingtaine de minutes, Old Goa ressemblait à ce qu’elle avait été : une ville vivante, pas un monument.

Quand y aller : De novembre à mars. La fête de décembre de Saint François Xavier (3 décembre) amène d’énormes foules à la Basilique. Arriver tôt — avant 9h — lors de toute visite pour trouver le site sans groupes de touristes. Les mois de mousson rendent certains chemins inaccessibles mais drapent aussi les ruines d’un vert extraordinaire.