L'intérieur des Tunnels du Grand Siège creusés dans le Rocher de Gibraltar, avec un canon positionné à une embrasure révélant la baie d'Algésiras au-delà
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Tunnels du Grand Siège

"Ils ont creusé ça dans du calcaire solide avec des outils à main au milieu d'un siège de trois ans. Moi, j'ai du mal avec les meubles en kit."

L’entrée des Tunnels du Grand Siège est trompeusement modeste — une porte dans la face du Rocher, un léger froid dans l’air, un passage à peine assez large pour que deux personnes puissent se croiser. Puis on tourne un coin et l’échelle se révèle : des kilomètres de tunnel dynamités et ciselés dans du calcaire solide par des soldats britanniques pendant le Grand Siège de 1779 à 1783, quand l’Espagne et la France réunies essayèrent de réduire Gibraltar par la famine et le bombardement pendant quatre ans. Elles échouèrent. Les tunnels, creusés à des angles permettant aux défenseurs de tirer sur l’armée assiégeante, sont en grande partie la raison.

La galerie d'artillerie principale des Tunnels du Grand Siège avec de multiples embrasures de canon découpées dans la paroi rocheuse, la lumière du matin entrant par les meurtrières

L’ingénierie est encore stupéfiante deux siècles et demi plus tard. Les tunnels étaient l’idée du sergent-major Henry Ince, qui proposa qu’une galerie puisse être dynamitée vers le nord dans le Rocher pour monter un canon à un point qui n’avait autrement aucune capacité défensive. Le commandant de la garnison donna son accord, les sapeurs commencèrent à forer, et en quelques semaines avaient créé non seulement la position prévue mais une idée qui transforma la fortification militaire à travers toute l’Europe. En parcourant les tunnels maintenant, on passe par des embrasures taillées à des angles précis à travers la paroi de la falaise, les ferrures de fer rouillées où les canons étaient montés encore visibles, et on regarde à travers les ouvertures la baie d’Algésiras étendue en contrebas — la même vue que les artilleurs britanniques utilisaient pour diriger leurs tirs contre les forces assiégeantes.

Des figures de cire de soldats britanniques au travail dans les Tunnels du Grand Siège, représentés en train de forer la paroi rocheuse à la lueur des bougies avec des outils et uniformes d'époque

Les figures de cire positionnées tout au long des tunnels sont une concession à l’expérience touristique que je me suis surpris à accepter plus facilement que prévu — un soldat qui fore, un autre qui charge un canon, un troisième penché sur une table de cartes — et elles donnent effectivement aux espaces une échelle humaine que la pierre nue seule ne peut donner. Mais ce qui m’a ému davantage était plus simple : juste le poids de la roche au-dessus, l’étroitesse des passages, le froid qui sort du calcaire même en été, et la conscience que des hommes travaillaient dans ces mêmes espaces avec des bougies et des outils à main sous le feu des canons. Gibraltar a forgé sa réputation dans ces tunnels. Le siège échoua, et la Grande-Bretagne tient le Rocher depuis lors.

Quand y aller : Les tunnels sont agréables à visiter toute l’année grâce à la température intérieure constante. Les visites matinales sont meilleures pour la photographie — les embrasures font face à l’ouest et au nord-ouest, donc la lumière dans les ouvertures est bonne à partir du milieu de matinée. Les tunnels font partie du billet du Haut-Rocher qui couvre aussi la Réserve Naturelle et la Grotte Saint-Michel, ce qui rend efficace la visite des trois le même jour.