Eastern Beach
"Une plage où ce qui est derrière toi est plus impressionnant que la mer devant — et la mer est vraiment impressionnante."
Ce qui caractérise Eastern Beach, c’est que le Rocher la surplombe. Pas discrètement, pas de loin, mais immédiatement et totalement — l’escarpement oriental de Gibraltar s’élève presque à la verticale depuis l’extrémité nord de la plage, une paroi de falaise calcaire si vaste qu’elle crée son propre microlimat, attrapant des nuages dans ses parties supérieures tandis que la plage en dessous baigne dans le soleil clair de l’après-midi. J’ai été allongé sur le sable pendant une heure par un après-midi de septembre et l’ombre du Rocher a bougé sur moi comme un cadran solaire. Quand elle a atteint mon visage, je me suis redressé et la falaise était là, deux cents mètres au-dessus, et le Maroc était un contour pâle à l’horizon en face. La combinaison des éléments — sable, mer, falaise, Afrique — n’est pas subtile.

Eastern Beach occupe une baie incurvée côté méditerranéen, accessible par la route à travers le tunnel depuis la ville ou par un sentier contournant l’extrémité sud du Rocher. La plage elle-même est assez longue pour éviter la surpopulation sauf au cœur de l’été — sable doré pâle, eau calme qui est véritablement claire, une température de l’eau confortable de juin à octobre. Ce qui lui manque, c’est l’infrastructure des grandes plages de station balnéaire méditerranéenne : il y a un bar-restaurant, quelques loueurs de transats, aucun vendeur de sports nautiques se disputant votre attention. Cette absence est sa qualité. La plage attire les familles locales, les gens qui la connaissent, et les visiteurs qui ont passé assez de temps à Gibraltar pour découvrir qu’elle existe.

Il y a une usine de dessalement à l’extrémité nord de la plage, qui n’est pas belle mais qui est honnête : Gibraltar est un territoire sans source d’eau douce naturelle, et tout ce que ses résidents boivent et avec quoi ils se lavent vient de cette usine depuis la mer environnante. Savoir cela confère à l’eau une qualité différente quand on nage dedans — elle est empruntée, transformée, utilisée, restituée. La mer ici abat plus de travail qu’elle n’en a l’air depuis le transat. J’ai nagé au-delà des petits bateaux mouillés au large et je me suis allongé sur le dos avec le Rocher au-dessus de moi et le Détroit devant, et j’ai pensé que c’est probablement la plage la plus étrange où je sois jamais allé, et aussi l’une des plus belles.
Quand y aller : De juin à septembre pour la baignade ; l’eau est la plus chaude à partir d’août. Septembre est idéal — les foules estivales se sont dispersées mais l’eau conserve sa chaleur. La plage reçoit le soleil matinal depuis l’est mais est dans l’ombre du Rocher en fin d’après-midi, donc les baignades matinales sont meilleures en termes de lumière et de température.