Champs agricoles verdoyants sur l'île de Tubuai avec un lagon tranquille et un récif lointain visible au-delà du littoral
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Tubuai

"Personne ne vient ici pour le lagon, ce qui est exactement pourquoi j'ai aimé le lagon."

L'île des Australes où les mutins du Bounty ont tenté et échoué à bâtir un fort, aujourd'hui un tranquille avant-poste agricole avec un lagon que peu de plongeurs prennent la peine de visiter.

Tubuai obtient une note en bas de page dans la plupart des livres d’histoire qui la mentionnent : c’est ici que Fletcher Christian et les mutins du Bounty ont tenté de s’installer en 1789, construisant un fort rudimentaire qu’ils appelèrent Fort George, avant que la population locale, peu enthousiaste — on la comprend — à l’idée d’étrangers armés s’appropriant des terres, ne les chasse en quelques mois. Christian et son équipage ont fini par s’installer à Pitcairn, et Tubuai est redevenue ce qu’elle avait toujours été — une île tranquille et fertile, largement laissée de côté par l’histoire depuis.

Cette fertilité est la première chose qu’on remarque sur place. Tubuai est le cœur agricole des Australes, et l’intérieur est une mosaïque de parcelles de taro, de pâturages à bétail et de plantations de café qui évoquent davantage l’Auvergne rurale que l’image de carte postale de la Polynésie française. J’ai loué un vélo à Mataura, le village principal, et j’ai suivi la route côtière en passant devant des vaches laitières paissant à vue d’un lagon que la plupart des guides ne prennent même pas la peine de décrire, ce qui m’a semblé être un oubli de leur part plutôt qu’un reflet fidèle de l’endroit.

Route côtière sur Tubuai avec du bétail paissant dans un pâturage verdoyant près du rivage du lagon

Le lagon lui-même, une fois qu’un pêcheur local a accepté de m’emmener dans son bateau, s’est révélé authentiquement excellent — un large récif barrière enfermant une eau qui reste peu profonde et chaude, ponctué de petits îlots motu où nous nous sommes arrêtés pour manger le poisson qu’il avait pêché en chemin, grillé sur un feu qu’il avait monté en environ quatre minutes avec du bois flotté et une machette. Il m’a dit que des plongeurs viennent parfois pour les passes, mais que l’essentiel du tourisme de plongée en Polynésie française n’a tout simplement jamais trouvé Tubuai sur la carte, et il semblait tout à fait en paix avec cela.

Petit îlot motu inhabité dans le lagon de Tubuai avec du sable blanc et quelques cocotiers, entouré d'une eau turquoise peu profonde

J’ai trouvé les vestiges de Fort George plus par hasard que par intention, un léger monticule herbeux près de la côte avec à peine une structure visible restante — quelques pierres, un panneau explicatif installé des décennies après les faits, et des vaches paissant avec indifférence tout autour. C’est une sensation étrange que de se tenir sur un site qui a changé le cours d’une mutinerie très célèbre et de le trouver complètement dénué de tout drame, juste de l’herbe, du bétail et le même silence qui semble définir l’île tout entière.

Quand y aller : La saison sèche, de mai à octobre, apporte les températures les plus douces pour le vélo et les visites de fermes. Les vols depuis Tahiti circulent quelques fois par semaine ; ce n’est pas un endroit où arriver sans réservation de retour confirmée, tant l’horaire est réduit.