A grand Loire Valley château reflected in still water at sunrise
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Val de Loire

"La Loire m'a appris que les Français ont inventé l'art de vivre — puis ont bâti des châteaux pour le démontrer."

Le Val de Loire est l’endroit où les rois de France venaient se divertir, et ils se divertissaient dans des proportions qui confondent encore l’imagination. Entre Orléans et Angers, la Loire serpente à travers un paysage d’une beauté si douce et si cultivée que l’UNESCO a classé la vallée tout entière au Patrimoine mondial — non pour un monument unique, mais pour la façon dont l’habitat humain et le paysage naturel s’entrelacent depuis mille ans. C’est le jardin de la France, et ça se voit.

Chambord est le château qui coupe le souffle — un édifice Renaissance si extravagant que François Ier lui-même, qui l’avait commandité, semblait ne pas trop savoir qu’en faire une fois achevé. L’escalier à double révolution, peut-être conçu par Léonard de Vinci, permet à deux personnes de monter simultanément sans jamais se croiser. La toiture est une forêt de cheminées, de lucarnes et de tourelles qui ressemble à une petite ville posée sur un palais. Je l’ai visité un matin de novembre, quand le parc était enveloppé de brouillard, et le château a surgi de la brume comme quelque chose d’un conte de fées qui aurait décidé de devenir architecture.

The elegant Château de Chenonceau spanning the River Cher

Chenonceau est le château que je préfère — construit en travers du Cher sur une série d’arches, sa galerie s’étendant au-dessus de l’eau comme un pont que quelqu’un aurait voulu rendre beau. Ce fut une maison de femmes : bâti par Katherine Briçonnet, agrandi par Diane de Poitiers, transformé par Catherine de Médicis. Durant la Première Guerre mondiale, il servit d’hôpital. Durant la Seconde, la galerie qui enjambait la rivière se trouvait exactement sur la ligne de démarcation entre la France occupée et la France libre, et la Résistance l’utilisa comme voie d’évasion. L’histoire ici n’est pas un décor ; c’est une structure.

Vineyards along the Loire River in golden afternoon light

Les vins de la Loire sont le secret le mieux gardé de France, et je le dis en tant que Français qui a grandi en les buvant. Sancerre et Pouilly-Fumé produisent des Sauvignon Blancs d’une précision minérale que la Nouvelle-Zélande s’évertue depuis des décennies à reproduire. Vouvray élabore des Chenin Blancs — secs, demi-secs, effervescents, liquoreux — capables de vieillir pendant des décennies. Chinon et Bourgueil produisent des Cabernet Francs si élégants qu’ils font paraître Bordeaux comme un élève trop appliqué. Les domaines ici sont petits, familiaux, accueillants de cette façon que seuls se permettent les producteurs qui ne sont pas encore célèbres.

La vallée récompense le voyage lent. On peut longer le fleuve à vélo sur la Loire à Vélo, s’arrêter dans des villages comme Amboise — où Léonard de Vinci passa ses dernières années et est enterré dans la chapelle du château royal — ou Azay-le-Rideau, dont le château flotte sur son propre reflet dans l’Indre. La pierre de tuffeau des bâtiments brille d’un blanc lumineux sous la lumière de l’après-midi, et les caves troglodytiques creusées dans les falaises abritent des celliers, des champignonnières et l’occasion d’un restaurant improbable.

Quand y aller : Mai et juin pour les jardins en fleur et les longues journées. Septembre pour les vendanges. Les spectacles de son et lumière dans les châteaux se tiennent de juin à septembre et méritent au moins une soirée.