La bastide médiévale fortifiée de Domme dominant la vaste vallée de la Dordogne depuis son promontoire en haut de la falaise
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Domme

"Depuis le bord de la falaise à Domme, la vallée de la Dordogne s'étend devant vous comme quelque chose qui aurait été arrangé délibérément."

La route vers Domme monte à travers une châtaigneraie et arrive à la Porte des Tours — la porte médiévale par laquelle furent emprisonnés des cathares et des Chevaliers Templiers, dont les noms et les dessins grossiers sont encore gravés dans les murs de pierre du porche. J’ai passé les doigts sur une de ces inscriptions avant d’avoir regardé la vue, ce qui était le bon ordre. Le fait humain de l’enfermement méritait d’être apprivoisé avant le spectacle en contrebas.

Le spectacle en contrebas est considérable. Depuis la terrasse au bord de la falaise, la vallée de la Dordogne s’ouvre dans les deux directions — un panorama complet de rivière verte, de collines boisées et de toits de villages qu’on peut identifier à distance si on est là depuis assez longtemps. La Roque-Gageac est visible à l’ouest, blottie contre sa falaise. Le château de Beynac ponctue l’horizon à gauche. Par un matin d’octobre dégagé la lumière arrive en biais et donne à la surface de la rivière des reflets argentés et au calcaire des teintes or pâle. Je me suis arrêté à la rambarde à côté d’un couple de retraités bordelais qui désignaient des points de repère qu’ils avaient visités au fil de quarante ans de week-ends dans la vallée, et j’ai compris l’espace d’un instant ce que c’est de connaître un paysage si bien qu’il devient personnel.

La porte médiévale des Tours à l'entrée de Domme, avec les inscriptions des Templiers encore visibles dans la pierre

Domme elle-même est une bastide du XIIIe siècle — l’une des villes planifiées construites par la couronne française pour consolider le territoire pendant la Guerre de Cent Ans — et sa grille rectangulaire de rues garde encore la logique de sa conception d’origine. La place du marché au centre est une place de marché depuis les années 1280. La halle couverte tient toujours. Le jour de marché, qui est le jeudi en été, les étals vendent des produits régionaux avec la même spécificité agressive que Sarlat mais avec une fraction des visiteurs.

Vue panoramique sur la vallée de la Dordogne depuis la terrasse au sommet de la falaise de Domme, la rivière décrivant une courbe à travers les collines boisées en contrebas

Sous le village, accessible par la halle couverte, se trouve un réseau de grottes ouvert aux visiteurs — non pour l’art préhistorique mais pour les stalactites et stalagmites qui se forment dans le calcaire depuis avant qu’aucune bastide ne soit construite ici. C’est un étrange rapprochement, les rues médiévales au-dessus et le temps géologique profond en dessous, mais la Dordogne gère ces rapprochements avec sérénité. Les habitants vivent entre le temps géologique et le temps humain depuis si longtemps que ni l’un ni l’autre ne les surprend vraiment.

Quand y aller : Septembre et octobre apportent la meilleure lumière de la vallée et moins de monde. Le marché du jeudi fonctionne tout l’été. La grotte est ouverte toute l’année. Venez tôt le matin pour le belvédère — en plein midi en été la terrasse se remplit et la qualité de l’expérience s’appauvrit.