Le château de Castelnaud se dressant au-dessus de la vallée de la Dordogne, tours et créneaux médiévaux contre un ciel bleu
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Castelnaud-la-Chapelle

"De l'autre côté de la rivière, Beynac. Derrière moi, un trébuchet suffisamment grand pour être sérieux. Cette vallée ne vous laisse pas oublier sa vocation."

Le château de Castelnaud est installé sur la rive opposée de la Dordogne par rapport à Beynac, et les deux châteaux se sont regardés à travers la rivière depuis le XIVe siècle, quand la Guerre de Cent Ans a attribué l’un aux Français et l’autre aux Anglais et a passé cent ans à les réattribuer. La vue depuis les remparts de Castelnaud vers Beynac est l’une des images emblématiques de la vallée de la Dordogne — deux forteresses médiévales se faisant face à travers l’eau verte, toutes deux au sommet de falaises, toutes deux impossibles à approcher sans s’exposer. Ceux qui ont choisi ces emplacements savaient ce qu’ils faisaient.

Je suis arrivé par la route escarpée qui monte à travers le village de Castelnaud-la-Chapelle et me suis garé au pied de la montée vers le château, qui est plus courte qu’elle n’en a l’air et plus raide qu’elle n’en a l’air. En haut, dans la cour extérieure, un trébuchet à pleine échelle se dresse en état de marche, construit d’après les propres spécifications médiévales du château. C’est une grande machine. Le bras est aussi long qu’un arbre, le contrepoids est de la taille d’une petite voiture, et la fronde pend au repos d’une façon qui suggère une intention très sérieuse. Le musée à l’intérieur du château — le Musée de l’Art et du Moyen Âge Guerrier — a rassemblé toutes les variétés d’armes médiévales et de technologie de siège, et ils expliquent la mécanique du trébuchet avec assez de détail pour que lorsqu’on ressort et qu’on regarde à nouveau la machine, on comprenne pourquoi elle fut décisive.

Trébuchet et engins de siège médiévaux dans la cour extérieure du château de Castelnaud contre un ciel bleu dégagé

La vue depuis les remparts supérieurs est l’autre raison de faire la montée. La Dordogne se courbe en contrebas dans les deux directions, Beynac au nord-est, La Roque-Gageac visible plus à l’est dans sa bande étroite entre falaise et eau, les jardins en terrasses du château de Marqueyssac occupant le promontoire entre les deux forteresses rivales. De là-haut, la géographie de la vallée prend un sens tactique qu’elle n’a jamais tout à fait depuis le niveau de la route. On voit pourquoi ces collines particulières ont été choisies, pourquoi les méandres du fleuve formaient des lignes défensives naturelles, pourquoi cent ans de guerre ont été menés pour ce terrain précis.

Vue panoramique depuis les remparts de Castelnaud sur la Dordogne verte vers le château de Beynac sur la falaise en face

Le village au pied du château a quelques restaurants et un moulin à huile de noix où on peut acheter de l’huile de noix du Périgord pressée à partir d’arbres locaux. Je suis descendu en fin d’après-midi après la fermeture du château, me suis installé à une table sur la terrasse du village et j’ai commandé un verre de rouge de Bergerac et un bol de soupe aux noix. Le soleil était sur les parois des falaises occidentales de l’autre côté de la rivière. Une famille française à la table voisine se disputait joyeusement sur les plans du dîner. Le trébuchet était encore là-haut dans l’obscurité de la cour extérieure, pointant vers rien, prêt pour rien, un monument au sérieux avec lequel les gens s’étaient jadis disputé cette vallée.

Quand y aller : De la fin du printemps à l’automne quand le château est entièrement ouvert. Les événements de démonstration estivaux, où le trébuchet et les autres engins de siège sont mis en action, méritent qu’on planifie la visite en fonction, même s’ils attirent des foules. Les visites d’octobre sont idéales — la lumière de la vallée est extraordinaire et le château est presque vide en fin d’après-midi.