Les maisons empilées en terre cuite et ocre de Riomaggiore dévalant une gorge étroite jusqu'à une crique rocheuse
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Riomaggiore

"On sort du tunnel et la Méditerranée vous frappe comme une porte qu'on ouvre d'un coup."

Je suis arrivé à Riomaggiore en train en fin de matinée, clignant des yeux dans la lumière. Le tunnel vous dépose en plein village — sans transition, sans avertissement — et soudain des maisons colorées s’élèvent de toutes parts, et une ruelle étroite descend à pic vers la mer. L’odeur est arrivée avant que j’aie pu former une autre impression : embruns, pierre chauffée par le soleil, et quelque part dans un escalier, la douceur herbacée d’un pesto frais. Je suis resté là une bonne minute, sac à mes pieds, à simplement me réajuster.

Riomaggiore est techniquement le point d’entrée des Cinque Terre depuis le sud, mais il ne ressemble pas à une ville-étape. Il se sent achevé, complet en lui-même — un village qui se trouve au bout d’une ligne de chemin de fer plutôt que d’avoir été construit autour d’elle. La rue principale, la Via Colombo, descend la gorge avec une pente qui fait travailler les mollets, bordée de bars à vins, de boutiques de focaccia et, de temps en temps, d’un chat occupant un rebord de fenêtre avec une autorité souveraine. En bas, la gorge s’ouvre sur un petit port, plus crique que baie, où les bateaux de pêche sont hissés sur des cales parce qu’il n’y a tout simplement pas de plage pour les laisser.

Le petit port de Riomaggiore avec ses bateaux colorés hissés sur des cales de pierre

Le port est le cœur battant du village. Le matin, des hommes âgés jouent aux cartes à la seule table du bar qui offre une vue sur l’eau et la rue à la fois — une position d’importance stratégique évidente. À midi, les excursionnistes ont trouvé leur chemin et les tables se remplissent, mais dans l’heure qui précède, quand la lumière arrive à l’horizontale sur l’eau et que les bateaux gouttent sur la pierre, Riomaggiore redevient brièvement un village de pêcheurs plutôt qu’une destination. J’ai acheté un gobelet en carton de Cinque Terre DOC blanc au bar qui ouvre son volet à neuf heures et je l’ai bu, appuyé contre le mur, en regardant deux hommes trier un filet avec la compétence tranquille de gens qui l’ont fait dix mille fois.

Le sentier de randonnée vers le nord en direction de Manarola est officiellement la Via dell’Amore — fermée pendant des années après un éboulement et partiellement rouverte, mais vérifiez l’état actuel avant de compter dessus. Le chemin au-dessus du village vers Volastra, en revanche, est ouvert et vaut l’ascension pour ce qu’il révèle : les pentes de vignobles en terrasses qui ont produit du Sciacchetrà pendant des siècles, escarpées et retenues par des murets de pierres sèches, maintenues de façon impossible par des gens aux jambes plus solides que les miennes.

Vignobles en terrasses de pierre au-dessus de Riomaggiore capturant la lumière de l'après-midi, la mer visible en contrebas

Le soir, le village se penche vers le silence. Les groupes de touristes ont repris leurs trains. Les lumières s’allument dans les maisons empilées sur les parois de la gorge — jaune, orange et l’occasionnel bleu de télévision — et le port prend une qualité différente, calme et réfléchissant. J’ai dîné tard dans un restaurant à chaises en plastique et sans carte, seulement ce que le patron avait décidé d’apporter, ce qui s’est révélé être des anchois dans l’huile d’olive locale, puis des pâtes aux moules, puis un verre de quelque chose d’ambré que le serveur appelait vino della nonna. Je n’ai pas posé de questions.

Quand y aller : Mai et septembre sont la fenêtre idéale — assez chaud pour nager dans le port, assez frais pour parcourir les sentiers sans souffrir. Éviter le pic de juillet-août quand la Via Colombo devient essentiellement impraticable à midi. Octobre est silencieusement excellent : les vignobles prennent des teintes dorées, la lumière s’adoucit, et Riomaggiore se sent brièvement comme s’il n’appartenait qu’aux gens qui y vivent.