The Forbidden City rooftops stretching toward the modern Beijing skyline
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Pékin

"Une ville qui est au centre du pouvoir depuis six siècles — et qui en porte encore le poids."

Pékin est une ville qui vous oblige à recalibrer votre sens de l’échelle. La Cité interdite n’est pas un bâtiment mais une ville dans la ville — 980 édifices, 8 700 pièces, et un axe central qui court de la porte sud au jardin nord avec une symétrie si délibérée que l’ensemble semble retenir son souffle. La place Tiananmen, adjacente, est la plus grande place publique du monde, et s’y tenir produit un sentiment fait en partie d’émerveillement, en partie de malaise, et entièrement de Pékin. Je me souviens d’avoir franchi la Porte du Méridien pour la première fois, débouchant sur cette première vaste cour, et d’avoir compris que les photographies avaient menti — non pas sur l’apparence, mais sur la sensation. L’échelle n’impressionne pas comme un gratte-ciel impressionne. Elle impressionne comme une montagne impressionne : elle vous fait vous sentir petit, et c’est voulu.

The Forbidden City's golden rooftops and imperial architecture

Les Hutongs

Les hutongs — les quartiers traditionnels de ruelles — sont l’endroit où la ville respire. Nanluoguxiang est la version touristique, avec ses bars à bières artisanales et ses boutiques de souvenirs, mais en s’aventurant dans les ruelles autour de Gulou, on trouve des maisons à cour aux portes rouges, des ateliers de réparation de vélos tenus par des hommes qui réparent la même marque depuis les années 1980, et des restaurants de dumplings dont le menu correspond à ce que la grand-mère a préparé ce matin-là. J’ai passé un après-midi à me perdre dans les hutongs à l’est de la Tour du Tambour, tournant les coins au hasard, et chaque ruelle révélait quelque chose — un chat endormi sur un rebord de fenêtre, une partie d’échecs chinois jouée sur une caisse retournée, du linge suspendu entre des arbres qui étaient déjà vieux quand la République était jeune. C’est le Pékin que les gratte-ciel et les périphériques essaient d’effacer sans tout à fait y parvenir.

Traditional Beijing hutong alleyway with local life

Le Temple du Ciel et Au-Delà

Le Temple du Ciel est un chef-d’œuvre de l’architecture Ming installé dans un parc où les résidents âgés pratiquent le tai-chi, jouent aux cartes et chantent de l’opéra chaque matin — le bâtiment lui-même est sacré, mais le parc est là où l’âme de Pékin se rassemble. Le Palais d’Été, au nord-ouest de la ville, offre le lac Kunming et les plafonds peints du Couloir Long. Et la nourriture — canard laqué chez Dadong dont la peau se brise comme du verre, jianbing d’un chariot de rue à sept heures du matin quand la ville s’éveille encore, hotpot à la sichuanaise à Haidian où se retrouvent les étudiants — est une cuisine qui récompense l’exploration d’une générosité sans relâche. Pékin n’est pas une ville qui se révèle rapidement. C’est une ville qui se révèle par couches, et plus on s’enfonce, plus on comprend pourquoi elle est au centre de tout depuis six cents ans.

The Temple of Heaven rising above park trees in Beijing

Quand y aller : De septembre à octobre pour des ciels d’automne dégagés et des températures agréables. Le printemps (avril à mai) est plaisant mais poussiéreux. Les hivers sont froids et secs ; les étés sont chauds, humides et souvent brumeux.