Mount Teide rising above a rugged volcanic terrain under a clear blue sky, Tenerife, Canary Islands

Europe

Îles Canaries

"La latitude de l'Afrique, le passeport de l'Europe — les Canaries ne rentrent dans aucune case."

La première chose que j’ai remarquée en atterrissant à Tenerife, c’est l’odeur : sèche, minérale, légèrement sulfureuse, rien à voir avec le sud de l’Espagne. L’aéroport est au sud de l’île, une côte de roche sombre et de touristes allemands en voyages organisés, et j’ai failli faire demi-tour. Je ne l’ai pas fait. J’ai conduit vers le nord, en passant par des plantations de bananiers et des stands de bord de route qui vendaient des papas arrugadas locales, et en quarante minutes l’île était devenue quelque chose d’entièrement différent — verte, escarpée, tournée vers l’Atlantique, avec des nuages posés sur la crête comme un chapeau qui ne va pas tout à fait.

Les Canaries ont une géographie qui ne devrait pas avoir de sens. Ce sont des îles africaines avec un passeport européen, situées à la latitude du Sahara, mais refroidies par le courant de Humboldt et les alizés jusqu’à devenir quelque chose de remarquablement tempéré. Le Teide, le volcan qui domine Tenerife, est le point culminant de l’Espagne à 3 715 mètres, et le paysage qui l’entoure ressemble davantage à la surface de la lune qu’à quoi que ce soit que j’aie vu en Europe. J’ai fait l’ascension à l’aube, avant que les foules du téléphérique n’arrivent, et je me suis retrouvé en silence au-dessus des nuages à regarder Gran Canaria flotter au loin sur une eau couleur d’étain.

Mais la vraie révélation, c’est Gran Canaria elle-même — plus précisément l’intérieur, que presque personne ne visite. La capitale de l’île, Las Palmas, attire les gens pour ses plages et son Carnaval, mais une heure au sud on roule à travers des villages de montagne qui cultivent leurs propres tomates, font leur propre mojo verde, et où le touriste le plus proche est probablement perdu. Tejeda, Artenara, le bord de la caldeira à Cruz de Tejeda par un après-midi brumeux — c’est la version des Canaries que les brochures oublient de mentionner.

Quand y aller : De novembre à mars, c’est idéal — les îles sont les plus clémentes quand le reste de l’Europe est gris, ce qui explique précisément pourquoi elles ont toujours servi d’échappatoire hivernale à l’Europe. Éviter août, quand les stations balnéaires du sud de Tenerife et de Gran Canaria ressemblent à une réplique de Benidorm. Le printemps (mars à mai) est sous-estimé : fleurs sauvages sur les flancs des collines, réservoirs pleins, presque personne sur les sentiers de randonnée.

Ce que la plupart des guides ratent : Ils vendent les Canaries comme des vacances à la plage avec un volcan en toile de fond. Les plages sont bien, mais ce n’est pas là l’essentiel. Ces îles possèdent sept microclimats distincts, des traditions agricoles séculaires, une cuisine construite autour des pommes de terre ridées, des mojos et du poisson frais grillé sur les quais, et des sentiers de randonnée à travers des forêts de laurisilva qui semblent préhistoriques. On peut passer une semaine sur un transat à Playa del Inglés, ou passer cette même semaine à explorer quelque chose qui n’a véritablement pas d’équivalent européen. Le choix est évident.