Collines automnales vallonnées et pont couvert dans les Cantons-de-l'Est du Québec
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Eastern Townships

"À une heure de Montréal, l'autoroute s'arrête net et commence un Vermont à l'accent français."

La réponse québécoise, en version vallonnée, à la Nouvelle-Angleterre — ponts couverts, vergers à cidre, et une route des vins qui se déroule entre lacs et contreforts des Appalaches au sud-est de Montréal.

Je suis arrivé dans les Cantons-de-l’Est en m’attendant à des Laurentides en miniature, et j’ai trouvé quelque chose de plus proche du Vermont, avec de meilleurs fromages et un accent français. La région — l’Estrie, comme on l’appelle officiellement maintenant, même si tous ceux que j’ai rencontrés disent encore « les Cantons de l’Est » — se trouve au sud-est de Montréal le long des contreforts des Appalaches, et dès qu’on quitte l’autoroute, le terrain se met à onduler d’une façon qui semble étrangement peu québécoise : des haies, des étables laitières, des églises blanches à bardeaux qui auraient pu être téléportées du Vermont. Ce n’est pas un hasard. Les Cantons ont été colonisés en grande partie par des loyalistes de l’Empire uni fuyant la Révolution américaine, et l’architecture n’a jamais tout à fait lâché cet héritage, même après que des fermiers francophones ont repris les terres au dix-neuvième siècle.

J’y suis venu à la mi-octobre, ce que je recommanderais à quiconque le peut, parce que les érables à sucre y virent d’un rouge si profond qu’il paraît meurtri, et la région ne connaît aucun des embouteillages qui engorgent les routes vers Mont-Tremblant en pleine saison des couleurs. Le mont Orford ancre l’extrémité nord de la région, une montagne modeste selon les standards des Rocheuses mais tout à fait sérieuse pour la randonnée, avec un lac à son pied — le lac Memphrémagog — assez long pour donner l’impression d’un fjord et connu pour abriter un monstre lacustre que les habitants appellent Memphré avec un sérieux total.

Érables à sucre en pleine couleur rouge et orange le long d'une route de campagne québécoise

La Route des vins et du cidre

Ce qui m’a le plus surpris, c’est à quel point les Cantons prennent au sérieux leurs vergers et leurs vignobles. La Route des Vins serpente à travers Dunham, Sutton et une douzaine de petits villages, reliant des vignobles familiaux qui ont réussi, malgré les hivers brutaux du Québec, à cultiver des cépages résistants au froid produisant un verre franchement correct. Je me suis arrêté dans une cidrerie près de Dunham où la propriétaire m’a fait découvrir son cidre de glace — des pommes laissées sur la branche jusqu’à ce que le premier gel dur concentre les sucres — et il était plus sucré et plus complexe que tout ce que j’avais goûté en Normandie, ce qui ressemblait presque à une trahison à admettre à voix haute. Des ponts couverts apparaissent sur les routes secondaires sans aucune fanfare, peints en rouge, portant encore une véritable circulation plutôt que d’être clôturés pour les touristes — j’en ai compté quatre en un seul après-midi de route sans but.

Un pont couvert peint en rouge enjambant une petite rivière dans le Québec rural

Vie de lac, rythme plus lent

Le lac Massawippi, près de North Hatley, est l’endroit où les Montréalais fortunés gardent des maisons d’été depuis un siècle, et la ville elle-même a l’allure soignée et légèrement précieuse d’un lieu qui sait qu’il est charmant. J’ai préféré les aspérités plus rugueuses — la rue principale de Sutton, station de ski hors saison, un kiosque de ferme vendant des grains de fromage cheddar si frais qu’ils grinçaient encore sous la dent.

Quand y aller : De fin septembre à mi-octobre pour le feuillage et les récoltes de cidre ; l’été pour la baignade dans les lacs et la route des vins en pleine effervescence, quand chaque vignoble a sa terrasse ouverte.