Narrow cobblestone lane flanked by traditional wooden Bulgarian houses with overhanging upper floors, framing a glimpse of the Black Sea beyond
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Sozopol

"Sozopol sent le sel, le pin et un passé qui remonte avant la mémoire."

Un ancien village de pêcheurs thrace sur la mer Noire, où des ruelles pavées serpentent entre des maisons en bois et la mer brille d'ambre au crépuscule.

Il existe un type d’endroit particulier qui ne vous demande rien sinon de ralentir. Sozopol est l’un de ces endroits. Je suis arrivé sur la péninsule dans la lumière fine du début septembre, quand les foules estivales s’étaient suffisamment raréfiées pour que la vieille ville respire à nouveau, et j’ai compris dans l’heure que je ne voudrais pas en repartir vite.

La Vieille Ville et Ses Ruelles

La partie ancienne de Sozopol est posée sur une étroite péninsule rocheuse qui avance dans la mer Noire, et les maisons se penchent l’une vers l’autre en hauteur comme pour partager des secrets. Le long de l’Ulitsa Morski Skali — la rue qui longe le plus près le rivage est — les façades de bois sont peintes en ocres et en bleus passés, les étages supérieurs en encorbellement au-dessus de la ruelle à la manière thrace-bulgare d’autrefois. La pierre sous les pieds est lisse, polie par des siècles. Je n’arrêtais pas de m’arrêter pour poser une main contre les murs : chauds du soleil, rugueux d’histoire.

L’église Saint-Georges ancre l’extrémité nord de la péninsule, et sa cour est ombrée par un pin si vieux que ses racines ont fendu les pavés. Nous nous y sommes assis un après-midi, Lia dessinant dans son carnet pendant que je mangeais un cornet de graines de tournesol grillées achetées à une femme qui vendait devant la grille. L’odeur de résine de pin et d’eau salée est propre à cette côte — plus lourde que la Méditerranée, plus verte d’une certaine façon.

Manger Au Bord De L’Eau

Le poisson de Sozopol n’est pas un cliché. J’ai commandé de la tsatsa grillée — de minuscules sprats à peine longs de deux doigts — dans un restaurant en terrasse sur la rue Republikanska, et ils sont arrivés entiers, luisants, saupoudrés de gros sel. On les mange de la tête à la queue. Ils ont le goût de la mer elle-même, concentré. La salade shopska qui les accompagnait, avec ses tomates grossièrement coupées et son fromage sirene émietté, était assez froide pour embuer l’assiette dans la chaleur du soir.

Ce qui m’a surpris, c’est la rakia. Je m’attendais au vin — la Bulgarie est un pays viticole — mais l’eau-de-vie locale de prune est arrivée sans qu’on la demande avec l’addition, versée par le patron dans de petits verres qu’il a posés sans cérémonie. C’était la rakia la plus sèche et la plus sérieuse que j’aie goûtée, et elle avait le goût d’un cadeau donné librement.

La Lumière En Fin De Journée

La découverte inattendue, c’était la plage sud au crépuscule. J’avais supposé que les terrasses de la vieille ville face à la mer seraient l’endroit pour regarder le soleil descendre, mais c’est depuis la plage Harmani au sud, en regardant vers la péninsule, que Sozopol se révèle : les maisons de bois empilées sur le roc, la lumière ambre tournant les murs en cuivre, le clocher de l’église orthodoxe se découpant sur un ciel qui vire au rose puis au violet. Je suis resté là plus longtemps que prévu.

Quand y aller : De fin août à mi-septembre offre une eau chaude, moins de monde et les longs soirs ambrés qui font ressembler la vieille ville à un tableau. Le Festival des Arts Apollonia se tient début septembre et remplit l’amphithéâtre en bord de mer de théâtre et de musique.