Rio de Janeiro
"Rio ne vous séduit pas. Il suppose simplement que vous êtes déjà amoureux."
Une ville qui vit dehors — entre pics de granit, vagues de l'Atlantique et rythme de samba qui ne s'éteint jamais vraiment.
Rio de Janeiro est la ville que toutes les capitales latino-américaines rêvent secrètement d’être. Je suis arrivé pour la première fois dans un vol de nuit depuis Mexico, j’ai trébuché hors d’un taxi à Lapa à six heures du matin, et j’ai trouvé un homme jouant du saxophone au coin d’une rue tandis qu’une femme balayait le trottoir devant un bar qui n’avait manifestement jamais fermé. C’était là mon introduction au rythme de cette ville — un endroit où la beauté et le chaos ne sont pas des contraires mais des partenaires de danse.
La géographie à elle seule est absurde. Des monolithes de granit surgissent du tissu urbain — le Pain de Sucre, le Corcovado, les Dois Irmãos — et entre eux s’étendent des plages qui font office de salon de la ville. Copacabana et Ipanema sont célèbres pour de bonnes raisons, mais la vraie joie réside dans la façon dont les Cariocas les utilisent : comme salle de sport, bureau, bar et séance de thérapie, le tout avant midi. J’ai passé une semaine à l’Hotel Santa Teresa, dans le quartier artistique en flanc de colline, descendant à pied jusqu’à Ipanema chaque matin pour une eau de coco et un bain de mer, et dès le troisième jour le vendeur de plage connaissait déjà ma commande.

Santa Teresa est le quartier où je revenais sans cesse — un lacis de demeures coloniales converties en galeries, hôtels-boutique et bars avec vue sur la ville. Le Bar do Mineiro sert la meilleure feijoada de Rio le samedi, et la file se forme tôt. Les Escaliers Selarón, recouverts de fragments venus du monde entier, relient Santa Teresa à Lapa en contrebas — touristique, certes, mais d’une beauté réelle au crépuscule quand les foules se dissipent.
Le Cristo Redentor, au sommet du Corcovado, est l’un de ces monuments qu’aucune surexposition dans les cartes postales ne peut diminuer. Il faut prendre le train à crémaillère qui monte à travers la Forêt de Tijuca — la plus grande forêt urbaine du monde — et quand on sort au sommet et que la statue apparaît au-dessus de soi, les bras ouverts sur un ciel bleu, ça vous touche d’une façon qu’on n’anticipait pas. Je ne suis pas croyant, mais je suis resté là vingt minutes.

Lapa la nuit est le cœur musical de Rio — les arches de l’ancien aqueduc illuminées, des clubs de samba débordant dans la rue, des bars de forró où l’on vous entraîne sur la piste de danse que vous connaissiez les pas ou non. Rio Scenarium est le plus connu, un entrepôt d’antiquités sur trois étages reconverti en salle de musique live, mais les petits endroits de la Rua do Lavradio sont là où la magie semble la plus sincère.
La scène gastronomique a considérablement mûri. Lasai, à Botafogo, tenu par un chef né en Espagne qui travaille avec des ingrédients ultra-locaux, a décroché une place dans la liste des 50 Meilleurs Restaurants du Monde. À l’autre extrémité du spectre, les bars à jus de Leblon servent des bols d’açaí si épais qu’on peut y planter une cuillère debout, et les restaurants déjeuner au kilo — où l’on paie au poids — demeurent l’une des plus grandes inventions culinaires du Brésil.
Quand y aller : De mars à mai ou d’août à octobre. Mieux vaut éviter la chaleur maximale et les prix de décembre à février (même si le Carnaval de février est une expérience unique dans une vie si on peut supporter la foule). Juin et juillet peuvent être étonnamment frais et pluvieux.